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Lifestyle - Disparition

Jean-Pierre Bacri, le ronchon préféré du cinéma français

Jean-Pierre Bacri, le ronchon préféré du cinéma français

Jean-Pierre Bacri et son ex-compagne Agnès Jaoui posant, le 22 mai 2004, avec leur prix du meilleur scénario pour le film « Comme une image » au 57e Festival de Cannes. L’acteur et scénariste est mort hier d’un cancer à l’âge de 69 ans. Pascal Guyot/AFP

L’acteur et scénariste Jean-Pierre Bacri est mort hier d’un cancer à l’âge de 69 ans, a indiqué son agent Anne Alvares-Correa. « Il est mort en début d’après-midi », à Paris, a déclaré Mme Alvares-Correa.

Jean-Pierre Bacri était un habitué des rôles d’antihéros râleurs et désabusés, mais profondément humains. Il a été plusieurs fois récompensé comme acteur, mais aussi comme scénariste. Il avait ainsi reçu cinq César, quatre fois le trophée du meilleur scénario avec son ex-compagne Agnès Jaoui (pour Smoking/No Smoking, Un air de famille, On connaît la chanson et Le Goût des autres) et une fois celui du meilleur acteur dans un second rôle pour On connaît la chanson. Il a été nommé six fois pour le César du meilleur acteur (pour Kennedy et moi, Le Goût des autres, Les Sentiments, Cherchez Hortense, La Vie très privée de Monsieur Sim et Le Sens de la fête).

Parfois catalogué comme l’acteur d’un seul rôle, celui de l’éternel bougon, il détestait pourtant qu’on lui colle « cette étiquette » : « Je ne joue pas toujours des personnages râleurs ! » s’était emporté l’acteur en 2015. Pour Bacri, qui n’aimait pas les héros et ne croyait pas « aux types éclatants de bonheur », « traquer le vécu, la sobriété, la pudeur » et « refuser la tricherie » étaient une profession de foi. Dans les rôles qu’il choisissait ou ceux qu’il écrivait avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri pourfendait le sectarisme culturel, le conformisme, les chapelles, la servilité...

C’est son père qui lui avait transmis cette morale, lors de son enfance à Castiglione (Algérie), où il était né en mai 1951. Facteur, il travaillait le week-end dans le cinéma de la ville et avait fait découvrir le 7e art à son fils. En 1962, la famille émigre à Cannes, où Jean-Pierre Bacri entreprend des études de lettres. Quand il monte à Paris et pousse la porte d’un cours d’art dramatique, c’est d’abord l’écriture qui l’intéresse.

Les Jacri

En 1977, il écrit sa première pièce, Tout simplement, vite suivie de trois autres. Parallèlement, Jean-Pierre Bacri décroche de petits rôles à la télévision et sur les planches. En 1982, son personnage de proxénète dans Le Grand Pardon d’Alexandre Arcady le fait connaître du grand public. Deux ans plus tard, il est nommé aux César comme meilleur acteur dans un second rôle pour son personnage de flic dépassé et taciturne dans Subway de Luc Besson.

Mais son talent n’éclate vraiment qu’aux côtés d’Agnès Jaoui, qu’il rencontre en 1987 au théâtre dans L’anniversaire de Pinter. Très vite, les « Jacri » – comme les surnommait Alain Resnais – mettent en commun leur humour acide et leur don d’observation pour écrire à quatre mains. Leur première pièce, Cuisine et dépendances (1992), est un succès vite adapté au cinéma, tout comme Un air de famille (1996). Resnais fait appel à eux pour les scenarii de Smoking/NoSmoking (1993) et On connaît la chanson (1997). Puis Agnès Jaoui passe derrière la caméra pour Le Goût des autres (2000).

Ces dernières années, l’acteur tournait moins, se limitant à deux films par an et revendiquant son droit à la paresse. En 2017, il avait également joué dans Grand Froid de Gérard Pautonnier et Santa et Cie d’Alain Chabat. Et dans Le Sens de la fête, d’Olivier Nakache et Éric Toledano, il est irrésistible dans le rôle de Max, organisateur d’un mariage où rien ne se déroule comme prévu, un rôle d’éternel bougon taillé sur mesure. Parmi ses tout derniers films figure Place publique, d’Agnès Jaoui, en 2018.

Éxaspéré par la bêtise humaine

Aussitôt la nouvelle de son décès annoncée par son agent, les réactions ont fusé dans le monde du spectacle. « Une immense tristesse, un immense acteur! Fais chier ! » a lancé sur Twitter l’actrice Alexandra Lamy, empruntant au vocabulaire préféré des personnages de Bacri à l’écran. Bacri « n’était pas méprisant, mais il était exaspéré par la bêtise humaine. Et n’ayant pas sa langue dans sa poche, il le montrait », a témoigné Gilles Jacob (ancien président du Festival de Cannes) sur les réseaux sociaux, rappelant cette « voix catégorique et hésitante, tranchante et bègue, caressante et chantante ».

Qu’ils l’aient croisé ou non sur les plateaux, de nombreuses personnalités du cinéma lui ont rendu hommage : de Nathalie Baye à Gilles Lellouche, en passant par Michèle Laroque. Christian Clavier, qui avait tourné Mes meilleurs copains (1989) avec lui, se souvient d’un « homme d’une grande culture et d’une grande intelligence ». Et, pour la plupart des spectateurs, Bacri restera pour des rôles taillés sur mesure, comme celui du patron de café, en gilet de laine sans manches, dans Un air de famille.

Mais celle qui le connaissait mieux que tous restera sa complice Agnès Jaoui. Ce week-end encore, elle confiait dans une interview au quotidien Le Monde combien Bacri avait compté pour elle, dès leur rencontre : « Voilà quelqu’un qui exprimait ce que je ressentais sans même me l’être formulé, qui avait des réflexions qui me percutaient, me soulageaient, témoignaient de valeurs communes, d’un rapport au bien et au mal que je partageais, avec une conviction qui m’émerveillait car elle était si singulière! »

Source : AFP


L’acteur et scénariste Jean-Pierre Bacri est mort hier d’un cancer à l’âge de 69 ans, a indiqué son agent Anne Alvares-Correa. « Il est mort en début d’après-midi », à Paris, a déclaré Mme Alvares-Correa.Jean-Pierre Bacri était un habitué des rôles d’antihéros râleurs et désabusés, mais profondément humains. Il a été plusieurs fois récompensé comme...

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