Le Premier ministre désigné, Saad Hariri. Photo d'archives AFP
Le Premier ministre désigné, Saad Hariri, a été reçu vendredi par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, à Istanbul, indique un communiqué du bureau de presse du chef du Courant du Futur.
Les deux responsables "ont discuté des derniers développements régionaux, des défis multiples et des moyens de coopération entre les pays de la région pour y faire face", annonce le communiqué. Ils se sont également entretenus "des relations bilatérales entre le Liban et la Turquie, et des moyens de soutenir les efforts pour arrêter l'effondrement (économique) et reconstruire Beyrouth, une fois le nouveau gouvernement formé au Liban".
Le pays est sans gouvernement depuis près de cinq mois, alors que le gouvernement de Hassane Diab a démissionné suite à la double explosion meurtrière au port de Beyrouth le 4 août dernier. Depuis sa désignation comme Premier ministre le 22 octobre, Saad Hariri n'est pas encore parvenu à former un gouvernement, suite à des différends avec le chef de l'Etat, Michel Aoun, et des tractations politiques qui s'éternisent.
Depuis plusieurs mois, les rumeurs sur l’influence grandissante de la Turquie au Liban vont bon train. Le retrait de l’Arabie saoudite, la puissance sunnite traditionnellement la plus influente au pays du Cèdre, laisse la place libre à d'autres puissances. En réponse, Ankara grappille du terrain et continue à travailler au renforcement de son "soft power" au Liban en offrant des bourses d’études et en s’engageant dans des activités culturelles. La Turquie a lentement mais sûrement établi des réseaux et des liens à différents niveaux avec les communautés sunnites à travers le Liban. Un autre champ de cette politique concerne la communauté turkmène du pays, qui compte plusieurs milliers de personnes dispersées entre le nord et l’est du Liban (auxquels il faut ajouter les réfugiés syriens).
Alors que les liens avec Ankara s’étaient distendus jusqu’à il y a environ une dizaine d’années, la Turquie finance des projets par le biais de l’Agence turque de coopération, et nombre des membres de cette communauté disent ressentir davantage la présence de l’État turc que son pendant libanais.

