Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Photo ANI
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a vertement critiqué le dernier discours du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, l'accusant d'avoir mené le Liban vers l'effondrement.
"Nous tentons, au moment où le Liban passe par ses pires jours (...), de ne pas prendre part aux surenchères afin que les efforts se consacrent à sortir le pays de cette impasse (...). Mais le chef du Hezbollah a dépassé toutes les limites dans son dernier discours", a estimé le leader chrétien, lors d'un discours prononcé devant des cadres de son parti, dans des propos rapportés mardi par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
"Sayyed Hassan a affirmé que sa résistance (le Hezbollah, ndlr) protège le Liban et ses droits. De grâce, Sayyed Hassan, nous ne voulons pas que vous protégiez le Liban ou ses droits. Tout ce que nous voulons, c'est que vous n'agressiez ni le Liban ni les Libanais. Car la souveraineté du pays n'a jamais été aussi violée qu'elle ne l'est actuellement," a estimé M. Geagea, en allusion à l'arsenal du parti chiite, seule formation à avoir conservé ses armes après la fin de la guerre civile de 1975-1990.
"Le peuple libanais n'a jamais été aussi humilié qu'il ne l'est aujourd'hui, et le pays n'a jamais connu un tel effondrement. Il n'avait jamais perdu auparavant autant d'amis arabes et occidentaux, son passeport étant devenu une farce. Tout cela est arrivé à cause de votre résistance", a fustigé Samir Geagea. "Vous n'avez pas juste commis une erreur, Sayyed Hassan. Vous avez aussi commis un péché à l'encontre du Liban, sa population et son histoire. Si le monde parle du Liban, il l'évoque en tant qu'Etat failli, ou comme une zone de tensions permanentes et comme environnement favorable au terrorisme, alors qu'avant, le Liban était considéré comme la Suisse du Moyen-Orient", a conclu le chef des FL.
Lors de sa dernière allocution prononcée dimanche soir et retransmise en direct à la télévision, Hassan Nasrallah avait affirmé que le Hezbollah a la capacité de "transformer les menaces en opportunités".
Le leader chiite était par ailleurs revenu sur les déclarations publiées dans la presse locale et attribuées au commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, selon lesquelles Gaza et le Liban sont "des lignes de front" de l'Iran face à Israël. Ces propos avait suscité l'indignation au sein de la classe politique opposé au Hezbollah. Hassan Nasrallah a estimé que ces propos avaient été "détournés". Selon lui, le commandant Amir Ali Hajizadeh a affirmé, lors d'un entretien sur la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah, que "le Liban et Gaza sont des lignes de front pour lutter contre l'occupation israélienne", et non "des lignes de front pour l'Iran".

