Le scénario d’un « no deal » pour quelques jours au moins à partir du 1er janvier planait à nouveau sur des négociations post-Brexit, dans l’impasse à dix jours de la rupture définitive entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. La négociation, qui a repris hier à Bruxelles, continue de bloquer notamment sur l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, un sujet devenu un enjeu politique des deux côtés de la Manche. Les négociateurs ont d’ores et déjà dépassé la date butoir fixée par le Parlement européen, qui attendait un texte avant « dimanche minuit » pour pouvoir le ratifier à temps. « Il est maintenant impossible pour le Parlement d’évaluer un accord avant la fin de l’année », a réagi hier Manfred Weber, le chef du groupe PPE (droite). Un accord conclu in extremis pourrait être appliqué provisoirement le 1er janvier, avec une ratification a posteriori du Parlement européen. Mais selon plusieurs sources européennes, un tel cas de figure n’est techniquement possible que si un compromis est trouvé avant Noël, sans quoi un « no deal », au moins pour quelques jours, semble inévitable. Si un compromis est trouvé, plusieurs jours seront encore nécessaires pour analyser au niveau juridique ce document de plus de 700 pages. Les Européens s’interrogent cependant sur la manière dont ils pourraient limiter ou atténuer un tel échec, même temporaire, qui menace un peu plus leurs économies et celle du Royaume-Uni, déjà profondément ébranlées par le Covid-19. Parmi les suggestions, une prolongation de la période de transition post-Brexit semble juridiquement difficile et politiquement impossible – bien que jugée « impérative » dimanche par la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. Est également envisagée l’entrée en vigueur provisoire de seulement certaines parties d’un éventuel texte. Un accord commercial doit être validé avant que le Royaume-Uni – qui a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier – ne sorte du marché unique européen et de l’union douanière le 31 décembre. Dans le cas contraire, les échanges entre l’UE et Londres se feront selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane, de quotas, de formalités administratives susceptibles d’entraîner des embouteillages monstres, des retards de livraison et des perturbations dans les chaînes de production.
Monde - Brexit
Le spectre d’un « no deal » revient hanter les pourparlers
OLJ / le 22 décembre 2020 à 00h00

