L'ancien ministre de la Justice Achraf Rifi. Photo d'archives ANI
Le Hezbollah a porté plainte jeudi contre l'ancien ministre de la Justice Achraf Rifi pour "incitation, sédition et menace à la paix civile", ce dernier ayant accusé le parti chiite d'être derrière l'explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth. L'immense déflagration avait fait plus de 200 morts et 6.500 blessés et ravagé des pans entiers de la capitale. Selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), la plainte a été déposée par Jihad Othman, au nom du Groupe des avocats du Hezbollah.
Réagissant à l’initiative du Hezbollah, M. Rifi a confirmé ses accusations contre la formation chiite et demandé au juge d’instruction près la Cour de justice, Fadi Sawan, de rendre publique sa déposition. "Ce sont les gardiens de la révolution iraniens qui avaient envoyé les nitrates d’ammonium au Liban pour le compte du Hezbollah. Une partie avait été utilisée par le régime syrien et une autre avait été envoyée par cette formation à des groupes terroristes à Chypre, au Koweït, en Allemagne et dans d’autres pays arabes et occidentaux", a-t-il réaffirmé dans un communiqué.
Cette action en justice s'inscrit dans une série de plaintes portées par le parti chiite à l'encontre de ses critiques dans l'affaire du port. En effet, début décembre, la formation dirigée par Hassan Nasrallah avait annoncé qu'elle allait poursuivre l'ancien député Farès Souhaid, figure du mouvement du 14-Mars, ainsi que le site des Forces libanaises (FL), pour avoir mis en cause la formation pro-iranienne dans l'explosion du port, en précisant que d'autres plaintes à l'encontre de différentes personnalités allaient suivre. Farès Souhaid et le site des FL avaient affirmé que le Hezbollah utilisait le port de Beyrouth pour entreposer des armes et des matières dangereuses, ce que le parti chiite a démenti.
L'homme d'affaires Baha' Hariri, frère du Premier ministre désigné Saad Hariri, qui fustige régulièrement le parti chiite, pourrait être également dans le viseur du parti, selon les dires du député Ibrahim Moussaoui, affilié au Hezbollah.


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