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Dernières Infos - Explosions De Beyrouth

Hariri, Deriane et Salam expriment leur soutien à Diab après son inculpation

Hariri, Deriane et Salam expriment leur soutien à Diab après son inculpation

Le Premier ministre sortant Hassane Diab (g), s'entretenant avec le Premier ministre désigné, Saad Hariri, le 11 décembre 2020. Photo Twitter/@saadhariri

Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, s'est entretenu vendredi au Grand Sérail avec le Premier ministre sortant Hassane Diab et lui a exprimé son soutien au lendemain de son inculpation par la justice ainsi que trois ex-ministres, dans l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth. Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, ainsi que l'ancien Premier ministre Tammam Salam ont eu aussi exprimé leur solidarité avec M. Diab.

"Je suis venu au siège de la présidence du Conseil pour exprimer mon refus catégorique de l'atteinte flagrante à la Constitution commise par le juge qui a inculpé le Premier ministre", a affirmé M. Hariri à l'issue de son entretien avec M. Diab. "La Constitution est claire. Les Premiers ministres comparaissent uniquement devant un tribunal spécial formé par le Parlement. La présidence du Conseil n'est pas là pour faire l'objet de chantage. Cela est rejeté et nous ne l'acceptons pas. Les proches des martyrs ont le droit de connaître la vérité, de savoir qui a laissé entrer ce navire et qui lui a accordé une couverture", a-t-il ajouté. "Violer la Constitution et poursuivre la présidence du Conseil est refusé. Je suis venu pour me tenir au côté du Premier ministre et lui exprimer ma solidarité", a conclu Saad Hariri.

Signe de la tournure confessionnelle qu'a pris cette question, le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, plus haute autorité sunnite du pays, a également exprimé son soutien à Hassane Diab, le poste de Premier ministre étant réservé à la communauté sunnite en vertu du Pacte national de 1943. "Poursuivre la présidence du Conseil constitue une atteinte politique inacceptable et une violation de la Constitution et de la loi sur le jugement des anciens présidents et ministres (...)", a estimé le mufti Deriane, dénonçant "un règlement de comptes politiques". "Tout le monde est responsable de ce drame (...)", a ajouté le dignitaire sunnite.

L'ex-Premier ministre Tammam Salam a lui aussi exprimé son soutien à Hassane Diab. "La présidence du Conseil n'est le défouloir de personne", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Le procureur général près la Cour de justice, Fady Sawan, en charge de l'enquête sur la double explosion dévastatrice du 4 août au port de Beyrouth, a inculpé jeudi le Premier ministre démissionnaire Hassane Diab et trois anciens ministres pour négligence. Il s'agit des premières inculpations de responsables politiques annoncées quatre mois après le drame qui a fait plus de 200 morts et 6.500 blessés, et détruit le port et plusieurs quartiers de la capitale. Selon une source judiciaire qui a requis l'anonymat citée par l'AFP, M. Diab ainsi que l'ancien ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, et les anciens ministres des Travaux publics Youssef Fenianos et Ghazi Zeaïter ont été inculpés pour "négligence et pour avoir provoqué la mort et des nuisances à des centaines de personnes".

C'est la première fois qu'un Premier ministre est inculpé dans le cadre de ses fonctions au Liban. Dans un bref communiqué, Hassane Diab s'est dit jeudi "étonné" de cette inculpation qui, "au-delà de la personne, vise un poste" (de Premier ministre). Il a également affirmé avoir "la conscience tranquille" concernant la façon dont il a traité "de manière transparente et responsable" le dossier de la double explosion au port.

Réagissant aux critiques de la présidence du gouvernement, le Conseil supérieur de la magistrature a défendu la décision du juge Sawan, prise selon lui dans le respect des usages juridiques et scientifiques requis dans ce genre de crimes et à l’issue d’une enquête menée "avec minutie et prudence".

Reste que deux des inculpés étant des députés, la justice devrait en principe, en vertu de l’article 40 de la Constitution, demander à la Chambre la levée de leur immunité parlementaire avant de les interroger. Or le juge Sawan a fixé d’ores et déjà au début de la semaine prochaine leur interrogatoire.

Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, s'est entretenu vendredi au Grand Sérail avec le Premier ministre sortant Hassane Diab et lui a exprimé son soutien au lendemain de son inculpation par la justice ainsi que trois ex-ministres, dans l'enquête sur l'explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth. Le mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane, ainsi que l'ancien Premier ministre Tammam Salam ont eu aussi exprimé leur solidarité avec M. Diab."Je suis venu au siège de la présidence du Conseil pour exprimer mon refus catégorique de l'atteinte flagrante à la Constitution commise par le juge qui a inculpé le Premier ministre", a affirmé M. Hariri à l'issue de son entretien avec M. Diab. "La Constitution est claire. Les Premiers ministres comparaissent uniquement devant un tribunal spécial formé...