Le président de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL), Béchara el-Asmar. Photo ANI
Le patron de la Confédération générale des travailleurs libanais (CGTL), Béchara el-Asmar, qui a déjà appelé à une grève générale sur l'ensemble du territoire le 16 décembre afin de "rejeter toute levée ou rationalisation des subventions" sur les produits de première nécessité, a prévenu jeudi qu'une telle levée conduirait à une "catastrophe sociale".
"Les mauvaises politiques n'ont mené qu'au chaos. La CGTL a refusé la levée des subventions et a réclamé un dialogue essentiel entre les parties productives pour nouer un contrat social. En l'absence d'un tel dialogue, nous n'irons nulle part", a prévenu M. Asmar. "Nous sommes contre la levée des subventions car une telle mesure aboutira à une catastrophe sociale sur le plan national, surtout que le secteur des transports est au cœur du cycle économique".
Dans ce contexte, M. Asmar a insisté sur l'importance de la grève prévue le 16 décembre, "car la situation est sur une pente raide mortelle". "La solution ne peut être obtenue qu'à travers un vrai gouvernement", a encore estimé le syndicaliste, alors que le Premier ministre Saad Hariri, désigné en octobre dernier, n'a toujours pas réussi à former son équipe en raison des tiraillements entre les formations politiques.
"Le secteur des transports refuse la levée ou la rationalisation des subventions", a pour sa part rappelé le président de l'Union des syndicats des transporteurs routiers, Bassam Tleiss.
Mis en place pour faire face à la dépréciation de la livre, qui a perdu près de 80% de sa valeur en un an, le financement des importations par les réserves de la Banque du Liban bénéficie aux importateurs de carburant, de blé, de médicaments, d’équipements médicaux et de matières premières destinées à l’industrie pharmaceutique. Une partie des mécanismes en place leur permet d’acheter à la BDL et au taux officiel de 1.507,5 livres pour un dollar une partie des montants réclamés par leurs fournisseurs, à condition de fournir eux-mêmes la fraction restante. La proportion est de 85% ou 90% de dollars subventionnés pour 15 ou 10% de dollars "frais". Le dispositif mis en place pour les biens de première nécessité permet quant à lui aux importateurs concernés d’acheter tous leurs dollars au taux de 3.900 livres. Le taux dollar/livre, qui a commencé à s’effondrer au début de la crise socio-économique sans précédent que traverse le Liban depuis plus d’un an, gravite depuis plusieurs jours autour de 8.000 livres pour un billet vert sur le marché noir.
Alors que les réserves de la BDL sont en baisse, les responsables étudient actuellement des moyens de "rationaliser" les subventions, ce qui fait craindre une flambée des prix de certains des produits concernés.

