Le président de l'Ordre des médecins, Charaf Abou Charaf, a tiré la sonnette d'alarme lundi face à la situation de plus en plus précaire des médecins au Liban, annonçant que six d'entre eux sont décédés des suites du Covid-19, trois autres sont en soins intensifs et 200 placés en quarantaine.
M. Abou Charaf, cité par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), a par ailleurs indiqué que 400 médecins avaient déjà été poussés à l'exil en raison de l'effondrement économique.
"Six médecins sont décédés des suites du Covid-19, trois sont en soins intensifs et environ 200 sont en quarantaine à domicile", a annoncé le président de l'Ordre des médecins. "Quant aux infirmières et infirmiers, le nombre de contaminés parmi eux est trois fois supérieur au nombre de médecins".
"Nous avons exigé que ces médecins aient le statut de martyrs du secteur de la santé et du devoir humanitaire, au même titre que les martyrs de l'armée et (de l'explosion, NDLR) du port, et que le secteur de la santé reçoive les équipements de prévention nécessaires", a-t-il ajouté.
Face aux souffrances du corps médical, Charaf Abou Charaf a déploré qu'"il n'y a personne pour nous entendre" "La réponse est toujours que l'Etat est en faillite" a ajouté le médecin. Soulignant qu'il est "naturel qu'un médecin qui ne parvient pas à subvenir à ses besoins et à assurer une éducation à ses enfants cherche un autre emploi dans un autre pays", il a indiqué que "le nombre de médecins ayant émigré s'élève désormais à près de 400" et que "leur nombre devrait encore augmenter".
"Il est difficile d'assurer l'approvisionnement en équipement médical prévu pour le coronavirus en raison de la valeur élevée du dollar" qui s'échange à plus de 8.000 LL, a par ailleurs déploré M. Abou Charaf, soulignant que "malgré des capacités modestes, il existe de nombreux médecins qui ont travaillé avec enthousiasme et humanité pour aider les patients." Le président de l'ordre a en outre appelé l'Etat à "prendre en compte la situation financière et économique des médecins s'il veut maintenir le pays à son rang dans la région, sur les plans scientifique, médical et sanitaire".

