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Sélection

Huit envies culturelles à Beyrouth

Par Maya GHANDOUR HERT, Colette KHALAF, Zéna ZALZAL et Alain E. ANDREA

Huit envies culturelles à Beyrouth

Du neuf sur la scène locale arty ? Et comment ! Les Zoukakeux prétendent aimer la pornographie et détester le théâtre, Paulikevitch danse ses malheurs en petite tenue, la galerie Tanit lâche son bestiaire fantastique, tandis que Kalache affirme que nos rêves sont une seconde vie. Pendant que certains débattent de « L’argent de poche », d’autres boivent les paroles du grand manitou du théâtre européen. Et enfin, l’on se demande si les cordes résonantes peuvent briser le silence de la ville...

Workshop : Beyrouth-Berlin / Théâtre al-Madina

Helgard Haug, Susanne Kennedy et Thomas Ostermeier. Photo DR

Quelle aubaine que de pouvoir assister en direct à des ateliers animés par des maîtres allemands du théâtre ! Le théâtre al-Madina, en collaboration avec le Goethe-Institut, accueille ces « conversations en direct sur le théâtre et les arts performatifs ». Étudiants, amateurs ou esprits curieux, il ne faut pas rater l’occasion.

Le 7 décembre, c’est Helgard Haug, du collectif Rimini Protokoll, qui interroge la question « Qui a le droit, qui doit être sur scène ? ».

Le 8 décembre, Susanne Kennedy, metteure en scène du corps, de l’objet et de la machine, explique son langage théâtral innovateur.

Le 9 décembre, place au grand manitou du théâtre européen Thomas Ostermeier qui va disséquer son succès mondial, sa saisissante adaptation d’Un ennemi du peuple de Henrik Ibsen. L’entrée est libre, mais il faut réserver sa place. Renseignements au 01/753010.

Théâtre : « I hate theater, I love pornography » / Zoukak

La troupe de Zoukak dans « I hate theatre, I love pornography ». Photo DR


Son studio/salle de spectacle étant lourdement endommagé par l’explosion du 4 août, la talentueuse troupe libanaise Zoukak joue les saltimbanques entre des diffusions en ligne (en temps de confinement) et Hammana Artist House ou le théâtre al-Madina (en temps de déconfinement) pour y présenter des pièces de son répertoire. À voir donc les 10, 11 et 12 décembre, l’irrévérencieuse et audacieuse pièce I hate theater, I love pornography au Madina, à 20h. Présentée en anglais, cette œuvre mise en scène par Omar Abi Azar explore les différents aspects de la corruption qui ronge le monde aujourd’hui. Avec Lamia Abi Azar, Hashem Adnan, Ziad Chakaroun, Khodor Ellaik, Junaid Sarrieddeen et Maya Zbib. La troupe sera également au rendez-vous le mercredi 16 décembre à 19h au Hammana Artist House pour une présentation audio de Perform Autopsy, suivie d’une discussion.

7e art : Zoom pour le cinéma / BVAC

Une scène du film « L’argent de poche » de François Truffaut. Photo DR


Créé en mars 2020, « BEMO Visual Art Club » (BVAC), qui œuvre à la promotion de la culture et de l’art, a repris ses activités. Tous les dimanches, un zoom cinéma sera mené à propos d’un film. Ce 6 décembre, la discussion tournera autour de L’argent de poche de François Truffaut (1976). Comment y accéder ? Il faut avoir vu le film étant donné qu’il ne sera pas projeté durant la rencontre, laquelle est modérée en français (mais la participation peut avoir lieu dans d’autres langues). La discussion commence à 18h30, mais on peut y accéder à 18h15, si on le désire, et elle durera 50 minutes avec un Q&A à la fin. Si vous souhaitez participer aux rencontres de la BVAC, ou même suggérer un film, n’hésitez pas à envoyer un courrier électronique à l’adresse suivante : [email protected], et à suivre cette activité sur les réseaux sociaux (@banquebemolb on LinkedIn, Instagram et Facebook).

Documentaire : « Une ville et une femme » / Nicolas Khoury

L’affiche d’« Une ville et une femme ». Photo DR


Dans le cadre du BAFF et avec le soutien de la galerie Alice Mogabgab (Beyrouth/Bruxelles), le jeune cinéaste Nicolas Khoury présente un documentaire de douze minutes ce dimanche 6 décembre à 18h15 au théâtre Monnot. Une ville et une femme ou est-ce une ville est une femme ? Une immersion dans le paysage beyrouthin apocalyptique post-4 août qu’arpente l’actrice Mariah Tannoury. Une réflexion sur cette « ville non détruite, mais défigurée », selon les paroles d’Etel Adnan dont la lettre/poème prémonitoire retentit sous le ciel beige et noir de Beyrouth. Oscillant entre fiction et réel (comme dans tous ses documentaires), Nicolas Khoury reproduit une image surréaliste de la ville où les mots palpent l’intemporel. « J’avais peur, dit-il, de parler si tôt de Beyrouth, mais aujourd’hui je suis soulagé de l’avoir fait et l’œuvre d’Etel Adnan a été un support extraordinaire. »

Peinture : « Nos rêves sont une seconde vie » / Hiba Kalache

Une œuvre de Hiba Kalache. Photo DR


Hiba Kalache est à la galerie Saleh Barakat depuis le 4 décembre. Les visiteurs pourront venir à tout moment de la journée (11h-18h, ou de 15h à 18h en présence de l’artiste). Celle-ci y présente un corpus d’œuvres dans le prolongement des thèmes et gestes de sa pratique récente dans le cadre d’une nouvelle installation de peintures, de dessins ainsi que d’une intervention sculpturale. Dans Nos rêves sont une seconde vie, la majorité des œuvres sur papier sont encadrées, tandis que la plupart des peintures sont non montées et non étirées. « La tension entre les dessins encadrés et les peintures non étirées met en évidence le geste fragile, intime et intuitif qui distingue toutes les œuvres de Kalache », indique le galeriste Saleh Barakat. Oscillant entre automatisme et intention, elles évoquent les promesses et les horreurs de la vie éveillée, mais également les rêves.

Expositions : Ghassan Zard et « Bestiaire »/ Galerie Tanit


Tête de taureau en terracotta signée Simone Fattal. Photo DR


Son espace à Mar Mikhaël, entièrement soufflé par la terrible explosion du 4 août, est encore loin d’être à nouveau fréquentable. Qu’à cela ne tienne ! Dans un espace gracieusement mis à sa disposition au centre Starco, la galerie Tanit de Beyrouth présente, à partir du 15 décembre, un solo show de Ghassan Zard comprenant des toiles récentes sous l’intitulé : « La déchirure ».

Par ailleurs, et dans une démarche collective initiée par quatre galeries, une sélection d’œuvres sur le thème animalier sera présentée à l’ABC Verdun. Il s'agit de peintures, photos, sculptures et céramiques signées Youssef Abdelke, Oussama Baalbaki, Serwan Baran, Franck Christen, Simone Fattal, David Kramer, Randa Mirza, Maïa Tabet, Fadi Yazigi, Ghassan Zard ou encore Michel Zoghzoghi. Pour un bestiaire fantastique, décliné dans des médiums et styles aussi divers que variés, qui vous fera échapper à la triste réalité pour vous entraîner dans la pure beauté d’un monde animal stylisé, symbolique, mythologique ou sauvage. Mais toujours moins sauvage que notre féroce actualité. La date du vernissage n’a pas encore été fixée mais à signaler que les œuvres sont déjà exposées en ligne à l’adresse web de la galerie.

Concert : Les cordes résonantes / église Saint-Maron

L’ensemble de musique de chambre Les cordes résonantes. Photo DR


Dans le cadre de Beirut Chants, l’ensemble de musique de chambre Les cordes résonantes, formé de 15 musiciens, propose un concert qui se veut avant tout éclectique et accessible au grand public, et qui sied à merveille à une nuit de Noël. Un répertoire où le style fugué plein de suspensions et de rythmes syncopés du célèbre concerto grosso en sol mineur op. 6 n° 8 Pour la nuit de Noël d’Arcangelo Corelli se mêle aux inflexions galantes des mélodies foisonnantes du Laudate Pueri RV601 d’Antonio Vivaldi, rappelant l’opéra napolitain du XVIIIe siècle, à la générosité mélodique et la plénitude harmonique du concerto op. 7 n° 5 de Georg Friedrich Haendel, et à la folie du style débridé de La Folia de Vivaldi.

Pour un voyage contrasté à l’époque baroque. Ce soir, 5 décembre, à 20h, à l’église Saint-Maron à Gemmayzé.

Danse : « Aalehom » / Alexandre Paulikevitch

L’affiche du spectacle « Aalehom » de Paulikevitch. Photo DR

Du 11 au 16 décembre, la crypte de l’Université Saint-Joseph, rue Monnot, accueille le spectacle de danse Aalehom d’Alexandre Paulikevitch. Une performance en solo qui raconte l’histoire de la perte, de la douleur, de l’abus physique et de la rébellion. « Un travail profondément intime, fondamental et essentiel afin d’exprimer la succession d’histoires et d’expériences douloureuses vécues ces derniers mois, allant de la mort de mon père à la détention que j’ai subie au poste de police, puis la fin d’une histoire d’amour toxique pour arriver à l’explosion du port de Beyrouth le 4 août. » Ou quand la danse devient acte cathartique par excellence. Réservations au 76/907348.



Du neuf sur la scène locale arty ? Et comment ! Les Zoukakeux prétendent aimer la pornographie et détester le théâtre, Paulikevitch danse ses malheurs en petite tenue, la galerie Tanit lâche son bestiaire fantastique, tandis que Kalache affirme que nos rêves sont une seconde vie. Pendant que certains débattent de « L’argent de poche », d’autres boivent les paroles du...

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