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France

L'avocat de Charlie Hebdo appelle au procès à "ne pas renoncer"

L'avocat de Charlie Hebdo appelle au procès à

Croquis d'audience montrant l'avocat de Charlie Hebdo, Richard Malka, devant le Tribunal de Paris, le 4 décembre 2020. Photo AFP / Benoit PEYRUCQ

"Ils veulent nous terroriser et il faut y répondre" : au procès des attentats de janvier 2015, l'avocat de Charlie Hebdo a appelé vendredi à ne "pas renoncer" à la liberté et aux caricatures, au cours d'un hommage vibrant aux dessinateurs disparus.

"Les caricatures ne sont pas coupables. Ce qui est coupable, c'est la barbarie, et rien d'autre", a martelé Richard Malka, le dernier des avocats des parties civiles à prendre la parole face à la cour d'assises spéciale de Paris, après cinq jours de plaidoiries. "On ne peut pas renoncer à la libre critique des religions. Ce serait renoncer à notre histoire, à la raison. Ce serait renoncer à l'indomptable liberté humaine, renoncer à ce droit si merveilleux d'emmerder Dieu !", a-t-il prévenu, lors d'un plaidoyer pour l'impertinence et l'esprit de liberté.

Avocat historique de hebdomadaire satirique et ami proche de plusieurs dessinateurs tués lors de l'attaque contre Charlie Hebdo, Richard Malka assure souffrir encore cinq ans après de "l'absence" de ses compagnons, et notamment du dessinateur Charb, qui l'"inspirait chaque jour". Mais il "refuse" d'abandonner le "combat", au nom de leur lutte commune contre le "fanatisme": "ce qui souille l'humanité, ce ne sont pas les caricatures, c'est ce puissant venin de l'idéologie victimaire qui transforme des êtres humains en machines à tuer!"

Dans la salle d'audience, où de nombreux survivants et proches de victimes de l'attaque de Charlie Hebdo avaient pris place, dont la mère de Charb, ancien directeur de la publication, un lourd silence s'était installé. Dans le box, les accusés écoutaient eux aussi, immobiles.

Le 7 janvier 2015, douze personnes avaient trouvé la mort sous les balles des frères Saïd et Cherif Kouachi dans les locaux de l'hebdomadaire. Cet attentat, coordonné avec l'attaque de l'Hyper Cacher par Amédy Coulibaly deux jours plus tard, avait semé l'effroi en France et dans le monde.

Quatorze personnes ont été renvoyées devant la cour d'assises spéciale, dont trois sont jugées par défaut, en raison de leur soutien logistique présumé aux frères Kouachi et à Coulibaly, tués par les forces de l'ordre.

Les réquisitions de l'avocat général auront lieu lundi et mardi, avant les plaidoiries de la défense. Le procès, qui s'est ouvert le 2 septembre, doit prendre fin le 16 décembre.


"Ils veulent nous terroriser et il faut y répondre" : au procès des attentats de janvier 2015, l'avocat de Charlie Hebdo a appelé vendredi à ne "pas renoncer" à la liberté et aux caricatures, au cours d'un hommage vibrant aux dessinateurs disparus.
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