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Environnement

Un fabricant de voitures à hydrogène mise sur la « révolution verte » britannique

Un fabricant de voitures à hydrogène mise sur la « révolution verte » britannique

Hugo Spowers, fondateur de la start-up Riversimple, debout à côté de sa voiture à hydrogène baptisée Rasa. Geoff Caddick/AFP

Le fabricant britannique de voitures à hydrogène Riversimple, pionnier outre-Manche, trace son chemin en misant sur la « révolution verte » promise par Londres, qui vise la neutralité carbone en 2050 et veut interdire les voitures à essence d’ici à dix ans.

Si les voitures à batteries électriques ont pris quelques kilomètres d’avance sur le marché des véhicules zéro émission, les voitures à hydrogène restent un segment embryonnaire. Elles roulent déjà dans de nombreuses villes du monde, comme à Paris, mais restent un marché de niche. Le sud-coréen Hyundai, qui revendique le premier rang mondial, a vendu 5 000 exemplaires de son modèle Nexo cette année, plus que la Toyota Mirai, dans un marché mondial de plusieurs dizaines de millions de voitures.

Riversimple, une start-up comparée à un géant automobile comme Hyundai, est pour l’instant le seul fabricant britannique sur le créneau avec son modèle phare, la Rasa. Son fondateur Hugo Spowers n’a pas peur de se mesurer aux grands industriels car il a conçu sa Rasa – un nom dérivant de tabula rasa, ou table rase en latin – en partant des propriétés de la pile à hydrogène, alors que les constructeurs de voitures à essence tentent à l’inverse d’adapter cette technologie aux véhicules à combustible dérivé du pétrole. Pour Hugo Spowers, cette technologie dispose en outre d’un net avantage sur les batteries électriques en offrant un rayon d’autonomie bien plus important. « Pour les courts trajets les batteries marchent très bien, et nous en avons besoin, mais si on veut le genre de rayon d’autonomie auquel nous sommes habitués (avec l’essence), c’est-à-dire 500 kilomètres environ, l’hydrogène est largement supérieur en termes d’efficacité », affirme-t-il.

Dans les mois à venir, la Rasa entrera dans sa phase avancée de tests avec des clients qui paient, à l’instar du conseil local du district de Monmouthshire, au pays de Galles (ouest du Royaume-Uni), qui soutient le projet et a donné son feu vert pour une station de rechargement à hydrogène dans la ville d’Avergavenny. C’est la seule dans la région, mais recharger sa voiture ne prend que quelques minutes, contre plusieurs heures pour une batterie électrique.

Une station de rechargement à hydrogène dans la ville d’Avergavenny, dans le district de Monmouthshire, au pays de Galles, où Jane Pratt, membre du conseil du comté de Monmouthshire, recharge une Rasa de Riversimple. Geoff Caddick/AFP

Coût prohibitif

En embarquant un réservoir à hydrogène, transformé en électricité via une pile qui alimente un moteur, ces voitures offrent les avantages du 100 % électrique (accélération, couple, silence de fonctionnement) et ne rejettent aucun polluant (juste de la vapeur d’eau). Mais leur empreinte environnementale reste toutefois contestée : la production d’hydrogène est aujourd’hui fortement émettrice de CO2, l’un des principaux gaz à effet de serre, car elle résulte essentiellement du reformage de méthane. Autre problème : les voitures à hydrogène pâtissent pour l’instant d’un coût prohibitif.

Riversimple s’efforce de résoudre la quadrature du cercle en proposant un système de location-vente, qui comprend les coûts d’entretien et de carburant. Le véhicule appartient toujours à Riversimple, qui a donc un intérêt dans sa longévité. « C’est une méthode bien plus soutenable pour avoir une voiture » pour une collectivité que de devoir gérer un parc automobile, estime Jane Pratt, membre du conseil du comté de Monmouthshire. « Nous voulons être en mesure de rivaliser avec le coût total d’une Golf (Volkswagen), même si notre voiture revient plus cher à construire, à cause de ces flux de revenus prévus sur le long terme et parce que nos coûts opérationnels seront plus faibles (que pour une voiture à essence) car la voiture est très efficiente », assure Hugo Spowers, qui prévoit de lancer la Rasa dans trois ans.

L’entreprise bénéficie d’un contexte favorable avec l’objectif britannique de neutralité carbone et celui annoncé il y a quelques jours d’interdire la vente de nouveaux véhicules essence et diesel au Royaume-Uni d’ici à 2030. Le géant britannique de la chimie Ineos et le leader sur ce marché, Hyundai, ont annoncé la semaine dernière un partenariat afin de développer la production d’hydrogène, en plein boom grâce à la transition énergétique. Hyundai pourrait notamment fournir sa technologie de piles à hydrogène pour équiper le 4 x 4 tout-terrain Grenadier développé par Ineos.

Source : AFP


Le fabricant britannique de voitures à hydrogène Riversimple, pionnier outre-Manche, trace son chemin en misant sur la « révolution verte » promise par Londres, qui vise la neutralité carbone en 2050 et veut interdire les voitures à essence d’ici à dix ans.Si les voitures à batteries électriques ont pris quelques kilomètres d’avance sur le marché des véhicules zéro...

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