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Washington à l’heure de « Bobbie », le sandwich Thanksgiving de Biden

Avant même de franchir le seuil de la Maison-Blanche le 20 janvier prochain, le 46e président des États-Unis, Joe Biden, dévoile déjà ses goûts culinaires, notamment en matière de célébrations de Thanksgiving.

Washington à l’heure de « Bobbie », le sandwich Thanksgiving de Biden

Joe Biden commandant son sandwich au déli Capriotti. Brendan Smialowski/AFP/Getty Images

Alors que le pays tout entier, comme chaque année en cette période, est affairé à choisir la dinde, à la peser et soupeser, à se creuser la tête pour savoir s’il va falloir la mariner ou pas, la farcir ou non pour la sacro-sainte fête de Thanksgiving jeudi prochain, les Américains trouvent encore le temps de sonder les affinités gastronomiques du président nouvellement élu, Joe Biden. Ils ont ainsi découvert que, parallèlement à la traditionnelle dinde de l’action de grâce, celui qui va devenir le 46e président des États-Unis l’apprécie aussi dans sa version concoctée par une célèbre enseigne de sandwichs nommée Capriotti. Ce déli, qui a pignon sur rue à Wilmington, dans l’État du Delaware, est devenu célèbre pour son sandwich, baptisé Bobbie, contenant de la dinde de la fête et tous ses accompagnements, et dont Biden, citoyen de cette ville, est visiblement friand. Vite fait, bien fait, plusieurs restaurants de Washington, où s’installera le président élu, viennent d’ajouter ce sandwich à leur menu. Il contient des tranches de dinde, sa farce et sa sauce de canneberge. Une réplique déconstruite de la « reine de la table ». Cette version simplifiée a été élaborée il y a environ 44 ans par Capriotti qui, selon le président élu, « fait les meilleurs sandwichs d’Amérique » !


Le président Donald Trump, accompagné de son épouse Melania, graciant la dinde Corn à la Maison-Blanche, le 24 novembre 2020. Mandel Ngan/AFP

L’art d’accommoder les restes

Avec la perspective des célébrations de Thanksgiving réduites cette année à leur plus simple expression en raison du Covid-19, on mise donc sur la formule du sandwich Bobbie. Un restaurant proche du Congrès, le Fight Club, propose déjà pour 14$ un « Special » baptisé « Biden’s Bobbie » qu’il a enrichi d’un mélange de mayonnaise et de pommes de terre. Dans la même tendance, aux abords de la capitale fédérale, et plus précisément à Arlington, l’enseigne Bayou Bakery propose de son côté un « Bobby 2.0 », un sandwich de dinde rôtie avec une farce à la noix de cajou et maïs, et une vinaigrette de canneberge. Des sandwiches qui pourront être avalés après Thanksgiving, puisque, selon un sondage de Harris Poll, 79 % des Américains trouvent un goût aussi savoureux à leur fameuse dinde le lendemain.Pendant que l’on trinque ainsi sur le mode Joe Biden à coups de fast-food festifs, certains s’interrogaient au sujet du Thanksgiving de Donald Trump qui n’a pas encore digéré sa défaite à la présidentielle. La Maison-Blanche ne l’a pas confirmé, mais on s’attend à ce qu’il passe, comme les années précédentes, la fête en famille dans sa résidence de Mar-a-Lago en Floride. D’autant que, depuis le mois dernier, il a transporté sa résidence de New York jusque dans cet État. Lui et la First Lady Melania ont néanmoins accompli une dernière tâche traditionnelle avant de mettre la clé sous la porte : prendre part à la cérémonie de la Turkey Pardonning, la grâce présidentielle à la dinde. Cette année, c’est la dinde Corn qu’il a choisi de sauver. Elle a obtenu ce privilège face à une autre dinde, Cob, au terme d’un vote sur Twitter. Cette dernière sera également épargnée, selon la tradition.


Le traditionnel repas de Thanksgiving avant le Covid-19. Photo Bigstock

Une tradition incontournable

Ainsi, et toujours à cette même époque, la Maison-Blanche voit arriver une très belle dinde blanche vivante, cadeau de l’un des États du pays. Elle est accueillie par la Première famille et, comme le veut la coutume, le président la gracie solennellement pour qu’elle ne finisse pas dans les assiettes du dîner traditionnel de Thanksgiving. Cette tradition remonte à Abraham Lincoln qui, en 1865, recevant à cette occasion une dinde, avait dû renoncer à la manger à la demande pressante de son jeune fils Tad qui insistait pour qu’on la garde en vie. Cette année, que les végétariens se rassurent, cet oiseau originaire du Mexique se verra quelque peu épargné en cette année pandémique si l’on se conforme aux directives du CDC (Center for Disease Control and Prevention), qui recommande de limiter les retrouvailles de Thanksgiving aux membres proches de la famille sans y ajouter des amis ou des parents venus d’autres régions. Pas de grandes tablées familiales, donc, au grand dam des fermiers qui travaillent avec acharnement pour proposer des volatiles pesant généralement entre 10 et 20 kilos, puisque les commandes, cette année, demandent des poids inférieurs. C’est peut-être là, dans ce confinement, l’occasion également de se remémorer les débuts de la Thanksgiving tels que relatés par Ken Albala, professeur d’histoire à la University of the Pacific : « Une action de grâce était alors une pratique ayant des intentions bien différentes de celles que nous associons à la fête aujourd’hui. C’était un moment pour les pères pèlerins de se rassembler en une journée commune de jeûne et de méditation afin de rendre grâce pour une moisson abondante et de réfléchir à la manière de s’améliorer. »


Alors que le pays tout entier, comme chaque année en cette période, est affairé à choisir la dinde, à la peser et soupeser, à se creuser la tête pour savoir s’il va falloir la mariner ou pas, la farcir ou non pour la sacro-sainte fête de Thanksgiving jeudi prochain, les Américains trouvent encore le temps de sonder les affinités gastronomiques du président nouvellement élu, Joe...

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