Le ministre libanais de l'Education, Tarek Majzoub, s'exprimant à l'issue d'un Conseil des ministres au Sérail, le 7 mai 2020. Photo d'archives Dalati et Nohra
Le ministre sortant de l'Education, Tarek Majzoub, a annoncé lundi que l'enseignement mixte, qui mêle cours en présentiel et à distance, se poursuivrait "après le confinement généralisé", entré en vigueur samedi et qui doit s'étendre jusqu'au 30 novembre, avec "certaines exceptions" qui seront décidées ultérieurement.
"Etant donné l'impossibilité de reprendre entièrement les cours en présentiel, et afin de protéger la santé de nos enfants, nous avons décidé de poursuivre l'enseignement mixte même après le confinement", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse. Il a souligné que "certaines exceptions" étaient encore à l'étude et appelé les établissements scolaires à "profiter de ces deux semaines" de cours exclusivement à distance pour "évaluer leur travail". Il a encore annoncé qu'un programme permettant de suivre les contaminations au coronavirus dans les écoles, ainsi qu'un site reprenant le nombre de cas dans chaque établissement, allaient être mis sur pied "par souci de transparence". "Il revient au coordinateur sanitaire ou à l'infirmerie, dans chaque école, d'assurer la bonne mise en application des normes et de la désinfection" des infrastructures, a-t-il poursuivi.
Pour faire face à la pandémie et à la saturation des hôpitaux, les autorités ont imposé deux semaines de confinement général, jusqu'au 30 novembre. Au cours de cette période, un couvre-feu est instauré de 17h à 5h et une circulation alternée des véhicules en fonction de leurs plaques d'immatriculation a été décrétée. Lors de cette période, les écoles sont fermées et tous les cours se donnent à distance.
Dollar étudiant
Estimant par ailleurs que l'Etat doit "accorder la priorité aux élèves et étudiants, qu'ils soient au Liban ou à l'étranger, et s'assurer que l'année scolaire n'est pas perdue", M. Majzoub a indiqué que le ministère de l'Education allait "écouter les plaintes et recours des citoyens et leur trouver des solutions". Et d'appeler à "cesser d'inclure les droits des élèves dans les querelles politiques". Il a notamment réclamé l'application du dollar étudiant, face aux "souffrances" des étudiants à l'étranger.
La loi sur le dollar étudiant, qui est réclamée à cors et à cris par les proches de jeunes inscrits dans des universités étrangères, permet le transfert à l'étranger d'un montant annuel de 10.000 dollars sur base du taux officiel de 1.515 livres libanaises pour un dollar à tout étudiant inscrit dans une université étrangère pour l’année 2020-2021. Depuis son adoption, mi-octobre, la Banque du Liban planche sur un "mécanisme central" pour ce texte afin d’éviter les fraudes, mais les parents accusent le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, d'atermoiements. Cette loi est réclamée alors que les Libanais souffrent depuis plus d'un an de restrictions bancaires aussi drastiques qu'illégales.
M. Majzoub a en outre souligné qu'au cours de ces quinze jours où les élèves ne se rendront pas en classe, "les travaux de restauration et d'équipement des écoles sinistrées lors de la double explosion du port de Beyrouth se poursuivront". "Nous allons bientôt signer un accord avec le Fonds qatari pour le développement afin de commencer les travaux dans un certain nombre d'écoles", a-t-il ajouté.

