Le chef des Kataëb, Samy Gemayel. Photo d'archives L'OLJ
Le conseiller du président français Emmanuel Macron pour les affaires de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, Patrick Durel, en tournée au Liban pour réactiver une initiative française de sortie de crise, s'est entretenu vendredi avec le chef du parti Kataeb, Samy Gemayel. Ce dernier a critiqué devant l'émissaire français la classe politique au pouvoir.
La visite de M. Durel a lieu alors que le second délai accordé par le chef de l'État français aux responsables libanais pour la formation d'un "gouvernement de mission" a expiré.
"Pas de salut pour le Liban avec cette classe dirigeante serrant les Libanais à la gorge et aucune opportunité n'est possible sans changement", a affirmé M. Gemayel à l'issue de son entretien avec M. Durel. "Les Français essayent de nous aider sans trouver de réponse, comme il se doit, en face, et le bras de fer autour du processus de formation du gouvernement se poursuit, dans la même logique qu'avant", a encore déploré le leader chrétien.
Le parti Kataeb avait refusé de nommer le Premier ministre désigné, Saad Hariri, chargé de former un gouvernement de mission dans le cadre de l'initiative française visant à sortir le Liban de sa crise socio-économique. En outre, les députés Kataëb Samy Gemayel, Nadim Gemayel et Élias Hankache avaient démissionné, ainsi que cinq autres, dans la foulée de la double explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth.
Patrick Durel s'était entretenu plus tôt dans la matinée avec Gebran Bassil, le chef du Courant Patriotique Libre, sous le coup de sanctions américaines depuis la semaine dernière pour "corruption et abus de pouvoir", ainsi que pour ses liens avec le Hezbollah, parti que les Kataeb fustigent régulièrement. M. Durel doit s'entretenir également avec deux autres responsables chrétiens, Samir Geagea, leader des Forces Libanaises, et Sleimane Frangié, leader du Courant Marada.
La visite de M. Durel s'inscrit dans le prolongement de l’initiative française qui vise à aider le Liban à sortir de sa crise économique et financière, alors que les tractations menées par Saad Hariri, s'enlisent. C’est donc principalement pour remettre sérieusement sur le tapis l’initiative portée par Emmanuel Macron que l'émissaire français effectue cette tournée. Ce déplacement revêt une importance au vu de son timing. Il intervient peu après la fin de l’élection présidentielle américaine, remportée par le démocrate Joe Biden, et avant la réunion du Groupe international de soutien au Liban, prévue fin novembre, afin de mobiliser, une fois de plus, la communauté internationale en faveur du pays du cèdre, notamment sur le plan financier.

