Le président libanais, Michel Aoun, lors d'une réunion du Conseil supérieur de défense, le 10 novembre 2020 à Baabda. Photo envoyée par notre correspondante Hoda Chedid
Le président libanais, Michel Aoun, qui présidait mardi une réunion du Conseil supérieur de défense pour plancher sur un reconfinement général du pays afin d'enrayer la propagation du coronavirus, a confirmé que le confinement sera "national" avec des exceptions pour certains secteurs, alors que le pays se débat dans une grave crise économique.
"La situation concernant la propagation du coronavirus est désormais très dangereuse et il faut prendre des mesures qui aident à limiter et alléger ses conséquences, afin de permettre aux institutions sanitaires de jouer leur rôle et soigner les patients", a plaidé le chef de l'Etat, lors de cette réunion. "Pour enrayer la propagation de la pandémie, les citoyens doivent se conformer aux mesures qui seront mises en place et respecter les moyens de prévention, tout en coopérant avec les autorités compétentes", a prévenu le président Aoun. "Le confinement qui sera décidé se fera sur le plan national, avec une prise en compte de certains secteurs, des industries et des institutions sanitaires afin qu'elles puissent assumer les responsabilités qui leur incombent", a conclu le chef de l'Etat.
A l'issue de la réunion qui a débuté à 11h, le Conseil supérieur de défense doit vraisemblablement recommander au gouvernement sortant de Hassane Diab un reconfinement de deux semaines minimum, à partir du 14 novembre, suivant ainsi les recommandations formulées lundi par la commission ministérielle en charge du coronavirus. Celle-ci a réclamé un bouclage général du 14 au 30 novembre, à l’exception de l’aéroport et des frontières terrestres.
Avant le début de la réunion, le président Aoun s'est entretenu avec M. Diab.
Depuis lundi, le bouclage localisé, une stratégie appliquée depuis fin août pour lutter contre la pandémie mais qui s'est avérée inefficace, est annulé. Le couvre-feu, qui empêche toute circulation entre 21h et 5h est resté, lui, en vigueur.
Les organismes économiques, les industriels, et les syndicats ouvriers, rejettent ce reconfinement, alors que ces secteurs sont déjà à bout, après un an de grave crise économique et financière et une spectaculaire chute de la livre libanaise. Mais le nombre important de contaminations au sein du corps médical, et la quasi-saturation des hôpitaux, font que le système sanitaire libanais risque de ne plus pouvoir faire face à la pandémie. Cette nouvelle fermeture est censée lui donner un court répit afin de se remettre debout. Mais des experts soulignent que si les hôpitaux ne se préparent pas à la prochaine étape, notamment en assurant des lits supplémentaires pour les patients atteints du virus, le reconfinement n'aura pas l'impact souhaité.
A l'issue de la réunion de la commission, le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan, a estimé qu'il était "logique de boucler le pays durant deux semaines". "C'est vrai, il y a des craintes économiques, mais nous avons atteint un stade où il est difficile d'assurer un lit pour les patients contaminés par le virus", avait affirmé lundi le ministre sortant de la Santé, Hamad Hassan. "D'ici deux semaines, nous aurons préparé 60 lits de soins intensifs dans les hôpitaux gouvernementaux", avait-il assuré.

