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Diplomatie

La Chine et le Vatican renouvellent leur accord historique



La Chine et le Vatican renouvellent leur accord historique

Des croyants se rendant à la messe de Noël en la cathédrale de Xishiku à Pékin, le 24 septembre 2019. Photo AFP / Noel CELIS

"Désemparés et désespérés". Deux ans après l'accord historique entre Pékin et le Vatican, des catholiques chinois assurent que ce rapprochement n'a fait qu'accroître la répression de l'Eglise clandestine.

Le gouvernement chinois et le Saint-Siège ont signé en septembre 2018 un accord censé mettre fin à près de 70 ans d'un différend centré autour de la nomination des évêques. Pékin a annoncé jeudi son renouvellement pour une période de deux ans.

Mais les concessions offertes par Rome n'ont pas rendu la vie plus facile aux fidèles de l'Eglise clandestine, qui représenteraient environ la moitié des quelque 12 millions de catholiques chinois.

Ces croyants de l'Eglise "souterraine", traditionnellement fidèles au pape, refusent de s'intégrer à l'Eglise "patriotique", dirigée par le régime communiste.

"La situation ne s'est en rien améliorée" pour les églises souterraines, assure à l'AFP un prêtre clandestin de la province du Jiangxi (centre), qui demande à garder l'anonymat pour raisons de sécurité.

"A l'approche de l'expiration de l'accord provisoire, la persécution s'est encore accrue", dénonce-t-il, expliquant que son refus de rejoindre l'Eglise patriotique lui vaut une pression renforcée de la part des autorités.

La reconduction prochaine de l'accord Rome-Pékin laisse les catholiques "désemparés et désespérés", résume-t-il.

- Détention ou résidence surveillée -

A l'autre bout du pays, dans la province du Liaoning (nord-est), un de ses collègues fait état d'une surveillance accrue.

"D'autres prêtres m'ont dit de faire attention parce que le climat se tend mais je continue à prêcher et à organiser des classes de catéchisme", rapporte-t-il.

Autre signe de tension, un évêque auxiliaire clandestin, Mgr Vincent Guo Xijin, a démissionné début octobre du diocèse de Mindong, dans le Fujian (est).

"Je me sens dépassé (...) et je ne veux pas devenir un obstacle aux progrès de notre époque", a-t-il écrit à sa congrégation.

Selon une source proche, le prélat, qui avait par le passé été placé en détention, était sous pression pour adhérer à l'Eglise officielle et a préféré démissionner en signe de protestation.

D'autres ecclésiastiques, dont l'évêque Augustin Cui Tai, restent en détention ou en résidence surveillée. Le Vatican a soulevé leur cas auprès de Pékin.

Du côté de l'Eglise patriotique, les prêtres contactés par l'AFP n'ont pas souhaité répondre.

Mais sur son blog, l'un d'entre eux, le père Paul Han Qingping, de la province du Hebei (nord), s'est prononcé fin septembre pour un renouvellement de l'entente avec Rome.

"Avec la levée des obstacles, les évêques de Chine peuvent désormais se réunir plus souvent afin de résoudre les problèmes de l'Eglise", écrivait-il, tout en admettant qu'une partie du clergé clandestin faisait de la résistance.

- Washington à l'offensive -

Les catholiques chinois, comme d'autres croyants, font face depuis plusieurs années à une politique de "sinisation". Elle s'est traduite par la destruction d'églises ou de croix placées au sommet des édifices, ainsi que par des fermetures de maternelles confessionnelles.

Malgré tout, le pape François, qui a par le passé évoqué son "rêve" de se rendre en Chine, cherche à rétablir les liens avec le régime communiste, rompus sur le plan diplomatique en 1951.

Aux termes de l'accord de 2018, il a reconnu huit évêques initialement nommés par Pékin sans son approbation. Inversement, au moins deux anciens évêques de l'Eglise clandestine ont été reconnus par Pékin.

Le bras droit du pape, le cardinal Pietro Parolin, a déclaré mercredi à des journalistes que le Vatican était "content" de l'accord et le reconduirait.

"Bien sûr, il existe de nombreux problèmes que l'accord ne se proposait pas de résoudre", a-t-il ajouté, tout en refusant de parler de "persécutions" à l'endroit des catholiques chinois.

Rome est sous le feu des critiques des Etats-Unis, qui lui demandent de mettre fin au rapprochement avec Pékin.

"L'accord entre la Chine et le Vatican n'a pas protégé les catholiques contre les agissements du Parti" communiste chinois, a dénoncé le mois dernier le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo.

Interrogée par l'AFP, la diplomatie chinoise a assuré pour sa part vouloir "continuer un dialogue constructif avec le Vatican afin de poursuivre la mise en oeuvre bénéfique de l'accord".


"Désemparés et désespérés". Deux ans après l'accord historique entre Pékin et le Vatican, des catholiques chinois assurent que ce rapprochement n'a fait qu'accroître la répression de l'Eglise clandestine.

Le gouvernement chinois et le Saint-Siège ont signé en septembre 2018 un accord censé mettre fin à près de 70 ans d'un différend centré autour de la nomination des...