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Monde - Conflit

L’Arménie exclut toute solution diplomatique au Haut-Karabakh

L’Arménie exclut toute solution diplomatique au Haut-Karabakh

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, recevant hier son homologue azéri, Jeyhun Bayramov, à Moscou. Photo AFP/Russian Foreign Ministry/Handout

L’Arménie a exclu hier toute « solution diplomatique » au conflit du Haut-Karabakh avec l’Azerbaïdjan, minant les efforts en cours de la communauté internationale pour négocier une trêve durable.

Le Premier ministre Nikol Pachinian s’est adressé sur Facebook aux Arméniens, alors que les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais étaient à Moscou pour des pourparlers séparés avec la puissance régionale russe. Les deux ministres sont également attendus à Washington cette semaine.

« Nous devons admettre que la question du Karabakh, en ce moment et pour encore longtemps, ne peut avoir de solution diplomatique », a-t-il dit, après presque quatre semaines de combats qui ont fait près de mille morts selon des bilans partiels.

« Tout ce avec quoi nous serions d’accord est inacceptable pour l’Azerbaïdjan. Cela montre que cela n’a aucun sens, au moins actuellement, de parler de solution diplomatique », a-t-il renchéri. Il a demandé en conséquence à tous « les dirigeants des villes, des districts, des villages, des partis politiques, des organisations civiles, des cercles des affaires, d’organiser des unités de volontaires » pour combattre au côté des indépendantistes arméniens du Haut-Karabakh.

Les autorités azéries ne se sont pas montrées plus enclines au dialogue depuis le début des hostilités le 27 septembre, le président Ilham Aliev, galvanisé par des victoires sur le terrain, qualifiant ses adversaires de « chiens » ou de « bêtes sauvages », et jugeant que toute négociation devait être précédée d’un retrait des indépendantistes.

La victoire ou la défaite

Les forces azéries ont conquis ces dernières semaines des territoires échappant au contrôle de Bakou depuis les années 1990 et une guerre, dans la foulée de la chute de l’URSS, qui avait fait 30 000 morts et abouti à la sécession de cette région aujourd’hui peuplée quasi exclusivement d’Arméniens.

Un conseiller du président Aliev, Hikmet Hajiyev, a réagi aux propos de M. Pachinian en dénonçant un discours « qui provoque une fois encore une escalade ».

Concernant les efforts diplomatiques en cours, « nous n’attendons aucune percée, en particulier dans le contexte de l’appel du Premier ministre arménien », a-t-il dit lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes.

Selon M. Pachinian, la situation sur le front est « assez grave » pour les indépendantistes, confrontés en particulier à l’avancée des troupes adverses dans le Sud, en direction de l’Arménie et le long de la frontière avec l’Iran. « Il y a la victoire ou la défaite, rien d’autre. Pour gagner, nous devons tous former des unités de volontaires », a-t-il proclamé.

Il a néanmoins estimé que son adversaire était en train de jeter ses « dernières ressources » dans la bataille, affirmant même que Bakou avait perdu 10 000 hommes, une affirmation invérifiable d’autant que l’Azerbaïdjan ne communique pas ses pertes militaires.

L’appel de M. Pachinian intervient après l’échec consécutif de deux trêves humanitaires en octobre.

Morts civils

Russie, États-Unis et France sont les médiateurs historiques dans le conflit au Haut-Karabakh et sont à la manœuvre aussi cette fois-ci. Mais depuis le milieu des années 1990, tous les efforts diplomatiques ont échoué.

Pour l’Azerbaïdjan, la solution passe par la réintégration du Karabakh, aujourd’hui de facto indépendant, à son territoire avec un haut degré d’autonomie.

M. Pachinian revendique lui l’indépendance pour cette province et a menacé de la reconnaître de manière unilatérale.

La communauté internationale a appelé à maintes reprises à la cessation des hostilités depuis le 27 septembre, dénonçant aussi les bombardements des populations civiles des deux côtés du front, à l’instar de celui samedi de Gandja, en Azerbaïdjan, qui a fait 13 morts.

Outre une potentielle crise humanitaire, la communauté internationale craint une internationalisation du conflit, Ankara soutenant Bakou. L’Arménie, qui soutient financièrement et militairement les séparatistes, fait, elle, partie d’une alliance militaire avec la Russie.

L’Azerbaïdjan, fort de ses revenus pétroliers, s’est armé sans compter ces dernières années, notamment auprès de la Russie, de la Turquie et d’Israël.

Ankara est par ailleurs accusé d’avoir déployé des combattants proturcs de Syrie dans le conflit en cours.

Source : AFP

L’Arménie a exclu hier toute « solution diplomatique » au conflit du Haut-Karabakh avec l’Azerbaïdjan, minant les efforts en cours de la communauté internationale pour négocier une trêve durable.Le Premier ministre Nikol Pachinian s’est adressé sur Facebook aux Arméniens, alors que les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais étaient à Moscou pour des pourparlers séparés avec la puissance régionale russe. Les deux ministres sont également attendus à Washington cette semaine.« Nous devons admettre que la question du Karabakh, en ce moment et pour encore longtemps, ne peut avoir de solution diplomatique », a-t-il dit, après presque quatre semaines de combats qui ont fait près de mille morts selon des bilans partiels.« Tout ce avec quoi nous serions d’accord est...
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