Dans un bar parisien, le discours du président français Emmanuel Macron, sur les mesures prises par le gouvernement afin d’endiguer l’épidémie de coronavirus, retransmis à la télévision. Gonzalo Fuentes/Reuters
Confrontée à la résurgence de l’épidémie due au nouveau coronavirus, l’Europe se recroqueville à la hâte pour éviter de revivre le scénario-catastrophe du printemps avec des hôpitaux débordés par l’afflux de malades du Covid-19. Fermeture des bars et des restaurants, limitation des rassemblements, report d’interventions chirurgicales non urgentes, recrutement en urgence de personnel de santé... Dans de nombreux pays du continent, les autorités voient déferler une deuxième vague épidémique avec une crainte d’autant plus grande que l’hiver, propice aux maladies, approche. Alors que la plupart des gouvernements européens avaient levé les mesures de confinement au cours de l’été dans l’espoir de relancer des économies exsangues, le retour à la vie normale s’est traduit par une flambée de nouveaux cas de contamination sur le Vieux Continent.
En France, Emmanuel Macron a annoncé hier soir à la télévision qu’un couvre-feu entre 21h00 et 06h00 dans neuf métropoles, dont l’Île-de-France, sera mis en place à partir de samedi pour quatre semaines. Les rassemblements de plus de six personnes seront interdits, alors que le pays a enregistré 22 591 contaminations en 24 heures, pour un total de 779 063 cas confirmés d’infections dans le pays depuis le début de l’épidémie.
Hôpitaux de campagne
La République tchèque, qui affiche le taux d’infection le plus élevé d’Europe, a décidé de fermer les écoles et d’instaurer l’enseignement à distance. Ses hôpitaux décalent les opérations médicales non urgentes afin de libérer des lits et envisagent de faire appel à des milliers d’étudiants en médecine. « Parfois, nous sommes au bord des larmes », raconte Lenka Krejcova, infirmière en chef à l’hôpital Slany, près de Prague. Les bars, restaurants et boîtes de nuit en République tchèque ont également fermé leurs portes.
La Pologne, qui a fait état hier de 6 526 nouvelles infections et 116 décès, intensifie pour sa part la formation des infirmiers et envisage de créer des hôpitaux de campagne. En Russie, les autorités moscovites ont annoncé qu’un système d’apprentissage en ligne serait mis en place pour de nombreux étudiants à compter de lundi, tandis qu’en Irlande du Nord, les écoles vont fermer pour deux semaines.
En France, en Grande-Bretagne et en Allemagne, les pouvoirs publics résistent encore à l’idée d’une nouvelle fermeture des écoles, une décision qui, au printemps dernier, avait entravé le fonctionnement de nombreuses entreprises, les salariés ayant parfois du mal à concilier leur travail et la garde de leurs enfants. En Allemagne, la question d’un rallongement de la durée des vacances de Noël est ouverte, des responsables politiques estimant qu’une telle décision pourrait permettre de ralentir la contagion au sein des établissements scolaires.
Aux Pays-Bas, le Premier ministre Mark Rutte a décidé mardi d’imposer un « confinement partiel », qui se traduira par la fermeture des bars et des restaurants et l’interdiction de la vente d’alcool le soir. Les écoles restent cependant ouvertes.
Près de 100 000 nouveaux cas par jour
Avec en moyenne près de 100 000 nouvelles contaminations par jour en Europe, les États se sentent dans l’obligation d’agir mais redoutent d’infliger dans le même temps un nouveau coup d’arrêt à l’économie. À titre de comparaison, aux États-Unis, 51 000 nouveaux cas sont rapportés en moyenne par jour.
Le Royaume-Uni, la France, la Russie et l’Espagne représentent plus de la moitié des nouveaux cas signalés en Europe au cours de la semaine s’achevant au 11 octobre, selon l’Organisation mondiale de la santé. En Grande-Bretagne, où 19 724 nouveaux cas ont été signalés hier, le Premier ministre Boris Johnson ne souhaite toujours pas imposer un reconfinement national, malgré les appels en ce sens de l’opposition. Les admissions à l’hôpital dans le pays sont également en hausse mais les hôpitaux de campagne construits au printemps sont à nouveau prêts.
En Irlande du Nord, la Première ministre, Arlene Foster, a annoncé hier la fermeture des écoles pendant deux semaines et celle des restaurants pendant quatre semaines. En Catalogne, région la plus riche d’Espagne, les bars et les restaurants vont fermer pour 15 jours à compter de jeudi tandis que les horaires d’ouverture des commerces et des parcs vont être limités. Madrid et certains quartiers de sa banlieue ont déjà été placés en confinement partiel la semaine dernière. En Belgique, deuxième pays d’Europe le plus touché en termes d’infection par habitant, les hôpitaux doivent désormais réserver un quart de leurs lits pour les patients atteints du Covid-19.
Source : Reuters

