Le pape François au Vatican le 7 octobre 2020. Photo AFP/Filippo MONTEFORTE.
Le pape a encouragé jeudi des experts de Moneyval, qui évaluent depuis une semaine les comptes du Vatican, à "promouvoir une finance propre" faisant barrière aux spéculations "des marchands" du temple. "Les mesures que vous évaluez doivent viser à promouvoir une finance propre empêchant +les marchands+ de spéculer sur le temple sacré qui est l'Humanité", a-t-il dit lors d'une audience avec les experts de Moneyval. Le pape faisait une allusion au Nouveau Testament où Jésus chasse les marchands qui font des activités commerciales dans l'enceinte du Temple de Jérusalem.
L'inspection de Moneyval intervient alors qu'une enquête de la justice vaticane est en cours depuis un an sur le financement opaque par le Saint-Siège de l'achat d'un immeuble de luxe londonien. Voici deux semaines, l'un des cardinaux les plus influents du Vatican, l'Italien Angelo Becciu, a en outre été écarté par le pape en raison de soupçons de "détournements de fonds" en faveur de ses frères. Il occupait également un poste décisionnaire pour l'investissement de l'immeuble londonien.
"C'est mal de voir dans l'Église des gens qui recherchent leurs propres intérêts", avait insisté dimanche dernier le pape sur la place Saint-Pierre. Lors de son audience jeudi avec les experts du Conseil de l'Europe -chargés d'évaluer régulièrement les mesures de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme dans les Etats adhérents- François a recommandé plus généralement de "revoir notre rapport avec l'argent" qui dans certains cas peut "tâcher les mains de sang". "Quand l'économie perd effectivement son visage humain, l'argent ne nous sert pas, mais l'argent se sert. C'est une forme d'idolâtrie contre laquelle nous sommes appelés à réagir", a-t-il ajouté.
Le pape a indiqué aux experts qu'un texte publié le 19 août obligeait désormais les employés de l'Etat de la Cité du Vatican à signaler toute activité suspecte à l'Autorité de l'information financière (AIF), le gendarme financier du Vatican. Le Vatican avait demandé en 2011 à adhérer au processus d'évaluation de Moneyval. Il s'agit du "cinquième round d'évaluation" opéré par une équipe du comité d'experts.

