Un homme se tenant dans une rue de Stepanakert, capitale de la république auto-proclamée du Haut-Karabakh, le 6 octobre 2020. Photo David Ghahramanyan/NKR InfoCenter/PAN Photo/Handout via REUTERS
Après un répit de deux petites heures en matinée, un ou des drones ont survolé la ville à plusieurs reprises vers 10H00 heures locales (06H00 GMT), dans un bruit caractéristique de tondeuse.
Deux explosions de moyenne intensité ont été entendues dans leur sillage, très vraisemblablement des frappes de ces engins, dont l'une a visé une station électrique dans le nord-est de la ville, ont constaté les journalistes de l'AFP. Un panache de fumée grise était visible, s'échappant de ce secteur de la station, déjà visée par des frappes ces derniers jours.
La Défense anti-aérienne (DCA) tentait d'abattre le ou les engins, invisibles dans le ciel nuageux. Des tirs d'armes automatiques et de batteries anti-aériennes ont résonné par moment visant ces drones. Ces survols sont une menace permanente pour les rares véhicules et piétons circulant en ville.
Les bombardements de la nuit ont été, selon un habitant interrogé par l'AFP, les plus intenses depuis le weekend et depuis que les forces azerbaïdjanaises ont fait de Stepanakert, ville de plus de 50.000 habitants à près de 1.000 mètres d'altitude, un cible privilégiée.
Un ensemble de maisons a été entièrement ravagée sur les hauteurs de la ville, à proximité du parlement, a-t-on constaté. Au moins trois habitations, avec le point d'impact creusée dans ce qui reste de la cour centrale, ont été soufflées par la violence de l'explosion. Selon des voisins, l'endroit était inhabité au moment de l'attaque, qui n'a pas fait de victime. Ces mêmes voisins ont jugé qu'une roquette Smertch (ou tornade en russe), imposante roquette de 30 mm de fabrication soviétique et d'un portée de plusieurs dizaines de kilomètres, était à l'origine des destructions.
Avec pour résultat un cratère d'une dizaine de mètres dans la terre, un autre engin s'est abattu dans le jardin d'une maison, apparemment sans faire de victime là aussi, à l'exception d'un chien dont la dépouille gisait éventrée sur la chaussée voisine.
Ces dernières jours, les autorités locales indépendantistes arméniennes du Haut-Karabakh ont dénoncé à plusieurs reprises l'utilisation des roquettes Smertch. Plusieurs d'entre elles, non explosées, sont visibles fichées dans le goudron jusqu'à la garde. Le bilan humain de tous ces derniers pilonnages est pour l'instant inconnu.

