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Lifestyle - Musique

Working Men’s Club, la nouvelle crème anglaise

Working Men’s Club, la nouvelle crème anglaise

Sydney Minsky-Sargeant (à gauche) – chanteur, parolier et architecte du son du groupe Working Men’s Club – et Liam Ogburn, le bassiste de WMC. Justin Tallis/AFP

Évoquer l’ennui d’un trou perdu du nord de l’Angleterre dans un morceau hypnotique et dansant : ils n’ont pas encore 20 ans, mais les Working Men’s Club ravivent avec brio les braises de la new wave.

« Cet hiver est une malédiction/La vallée est mon corbillard/Quand me mènera-t-elle à la tombe ? » entend-on dans Valleys, morceau d’ouverture calibré pour les clubs – quand ils rouvriront après le Covid-19 – du premier album éponyme des WMC paru vendredi dernier (chez Heavenly/Pias). Sydney Minsky-Sargeant, chanteur, parolier et architecte du son du groupe, n’a fait que dérouler le fil d’une poésie gothique inspirée par ses jeunes années à Todmorden. Un bout de province industrieuse au-dessus d’une diagonale Manchester/Leeds, où il fait nuit dès 16h en fin d’année. Ne déprime-t-il pas trop alors qu’une autre « malédiction », le contexte sanitaire, va contrarier les projets de concerts de son groupe, en plein décollage ? « C’est une situation confuse, une époque bizarre, comme si la nature reprenait ce qu’on lui a volé, répond-il. Si c’était juste une question de concerts qui ne peuvent pas se faire, ce serait moche, frustrant pour nous, mais tout le monde est concerné et nous sommes privilégiés, nous pouvons nous exprimer avec notre musique. »

Syd, comme la presse internationale commence à l’appeler, mesure sa chance. Les Working Men’s Club – nom des cercles ouverts aux ouvriers du nord de l’Angleterre – ont déjà beaucoup voyagé avant que la pandémie ne s’abatte, portés par de premiers singles imparables comme Teeth. Leurs prestations ont été remarquées en début d’année sur des scènes défricheuses comme Eurosonic aux Pays-Bas et le festival des Inrocks en France. À Paris, Syd avait terminé son set en fixant le public torse nu. « C’est la tête pensante de l’entité, une voix qui impressionne et un garçon plus sauvage que les autres membres du groupe, celui qui bouffe son micro et défie la foule », décrit Carole Boinet, rédactrice en chef adjointe des Inrocks et coprogrammatrice du festival. « Ce groupe, c’est un coup de cœur, la relève, l’ADN de Madchester (jeu de mots sur la folie d’une scène musicale mancunienne qui avait conquis le monde dans les années 1980-1990) entre guitares et techno-électro », poursuit-elle.

Les comparaisons flatteuses et lourdes à porter, comme Joy Division, commencent d’ailleurs à tomber des deux côtés de la Manche. Le passage par les studios d’enregistrement de Ross Orton à Sheffield – connu pour être situé non loin d’une maison close, ça ne s’invente pas et fait très décor de film de Ken Loach – n’y est pas pour rien. Ce sorcier des tables de mixage a travaillé avec The Fall, groupe mythique de Manchester. Là encore, Syd prend cette généalogie avec recul : « Je n’y fais pas attention, mais je comprends qu’on puisse dire ça, Joy Division et toute la scène de Manchester font partie de mon background musical, même s’il n’a jamais été question de sonner comme ces groupes en entrant en studio. »

Source : AFP

Évoquer l’ennui d’un trou perdu du nord de l’Angleterre dans un morceau hypnotique et dansant : ils n’ont pas encore 20 ans, mais les Working Men’s Club ravivent avec brio les braises de la new wave.« Cet hiver est une malédiction/La vallée est mon corbillard/Quand me mènera-t-elle à la tombe ? » entend-on dans Valleys, morceau d’ouverture calibré pour les clubs – quand ils rouvriront après le Covid-19 – du premier album éponyme des WMC paru vendredi dernier (chez Heavenly/Pias). Sydney Minsky-Sargeant, chanteur, parolier et architecte du son du groupe, n’a fait que dérouler le fil d’une poésie gothique inspirée par ses jeunes années à Todmorden. Un bout de province industrieuse au-dessus d’une diagonale Manchester/Leeds, où il fait nuit dès 16h en fin d’année. Ne déprime-t-il pas...
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