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Pro memoria 04.08.2020

Quelques instants avant que l’astre écarlate, frémissant, enlace l’horizon, quelques moments avant qu’il entame son inclinaison et son voyage dans les profondeurs azurées, quelques instants avant que le jour enfante la nuit, la détonation du 4 août fend les cieux de Beyrouth, glaçant le sang et figeant les imaginaires. Elle s’empare des corps et des esprits, sème la terreur et l’effroi, secoue les affects au plus profond et disloque les espaces des intimités, giron sacré des histoires familiales. Après ce funeste soir, Beyrouth, endolorie, éplorée, s’est levée drapée de sa robe arc-en-ciel, balayée par les embruns de ses rivages, bercée par les fragrances du jasmin, du frangipanier et du bigaradier de ses rues et de ses jardins. Chaque coup de balai lui insuffle une bribe d’espoir et transforme les poussières en filaments de lumière ; chaque déblaiement de décombres et pose d’un parpaing, chaque parole réconfortante participent à son pouls frémissant et si puissant. La génération qui a vécu la guerre de 1975 jusqu’à la lie, celle des jeunes qui l’ont connue à travers ses ombres, aperçu par la mémoire de leurs parents et par celle des pierres et ceux qui ont porté le mouvement d’octobre 2019 sans distinction aucune, participent à cette vie vibrante. Beyrouth donne ce qu’elle a toujours donné, au fil des périls, des épreuves et des deuils qui ont traversé son histoire, une espérance ineffable qui prend naissance aux confins du désespoir.




Quelques instants avant que l’astre écarlate, frémissant, enlace l’horizon, quelques moments avant qu’il entame son inclinaison et son voyage dans les profondeurs azurées, quelques instants avant que le jour enfante la nuit, la détonation du 4 août fend les cieux de Beyrouth, glaçant le sang et figeant les imaginaires. Elle s’empare des corps et des esprits, sème la terreur et...

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