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HRW s'alarme des nombreux obstacles à l'aide humanitaire

HRW s'alarme des nombreux obstacles à l'aide humanitaire

Un enfant devant des biens faisant partie d'un colis d'aides humanitaires, au Yémen. Photo d'archives AFP

Human Rights Watch (HRW) a mis en garde lundi contre les "conséquences mortelles" des nombreuses obstructions empêchant la distribution de l'aide au Yémen, pays en guerre depuis six ans et en proie à une grave crise humanitaire.

L'organisation de défense des droits humains détaille dans un rapport l'arsenal "complexe de restrictions" dressé par le gouvernement yéménite et les rebelles concernant la distribution de l'aide humanitaire.

Le gouvernement, soutenu depuis 2015 par une coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite, lutte depuis 2014 contre les rebelles houthis appuyés par l'Iran et qui contrôlent une bonne partie du nord du pays, notamment la capitale Sanaa. La guerre au Yémen a engendré la pire crise humanitaire au monde, selon les Nations unies. Des dizaines de milliers de personnes sont mortes, majoritairement des civils, et trois millions d'autres ont été déplacées. Environ 24 millions de Yéménites - plus de 80% de la population - dépendent d'une forme d'aide, selon l'ONU.

Depuis l'année dernière, les agences de l'ONU et les ONG ont "dépensé leur énergie à obtenir les autorisations dans tout le pays afin de fournir de l'aide", déplore le rapport de HRW basé sur une cinquantaine d'entretiens, majoritairement d'humanitaires. Les obstructions des deux parties "incluent de longs délais pour l'approbation des projets d'aide, le blocage des évaluations des besoins des populations, les tentatives de contrôle de l'aide et des listes de bénéficiaires", souligne l'organisation basée à New York. L'ONG évoque également des "détournements de l'aide vers ceux qui sont loyaux aux autorités et la violence contre les humanitaires".
L'année dernière, le Programme alimentaire mondial (PAM) a suspendu temporairement son activité dans les zones tenues par les rebelles pour empêcher le "détournement" de son aide.

Les Nations unies ont averti en juillet que le pays, où les appels à un cessez-le-feu pour lutter contre la pandémie de Covid-19 n'ont pas été entendus, risquait de connaître "une famine généralisée". Le Yémen a officiellement enregistré plus de 2.000 cas de nouveau coronavirus, dont 583 décès, mais les chiffres sont probablement plus élevés selon l'ONU.

La coordinatrice humanitaire de l'ONU pour le Yémen, Lise Grande, a indiqué à l'AFP que les humanitaires tentent de s'adapter à la situation: "Nous ajustons nos livraisons, ce qui signifie que nous devons parfois interrompre l'aide". Mme Grande a mis en garde le mois dernier contre le manque de financement des programmes d'aide.

Lors d'une conférence virtuelle des donateurs en juin, les Nations unies n'ont réuni qu'environ la moitié des 2,41 milliards de dollars (2,03 milliards d'euros) nécessaires pour couvrir les activités humanitaires au Yémen jusqu'à la fin de l'année.


Human Rights Watch (HRW) a mis en garde lundi contre les "conséquences mortelles" des nombreuses obstructions empêchant la distribution de l'aide au Yémen, pays en guerre depuis six ans et en proie à une grave crise humanitaire.
L'organisation de défense des droits humains détaille dans un rapport l'arsenal "complexe de restrictions" dressé par le gouvernement yéménite et les rebelles...