Jack Grealish (milieu de terrain d’Aston Villa en Premier League) a été appelé dans la sélection anglaise – les Three Lions – pour la première fois, après les forfaits de Marcus Rashford et Harry Winks contre l’Islande et le Danemark en Ligue des nations d’Europe. Paul Ellis/Pool/AFP
Privé de rencontres depuis près d’un an, le football de sélections reprend ses droits cette semaine, uniquement en Europe. Sans Neymar ni Lionel Messi, la fenêtre internationale s’annonce atypique, entre huis clos, vigilance sanitaire face au Covid-19 et disparités physiques.
Alors que la pandémie sévit toujours fortement dans le monde, le football international tente de reprendre dans le Vieux Continent malgré des restrictions qui se durcissent au sein de nombreux pays. Seule l’UEFA, la Confédération européenne, a vu ses rencontres maintenues pour le début de la seconde édition de la Ligue des nations, une compétition créée pour remplacer les traditionnels matches amicaux automnaux, souvent peu passionnants. Pour les autres confédérations, le ballon rond attendra au moins le mois d’octobre, selon une décision de la FIFA, l’instance mondiale, « en réponse aux perturbations causées à l’échelle mondiale par la pandémie de Covid-19 ».
Ainsi, le Brésilien Neymar, à peine revenu de sa finale de la Ligue des champions perdue à Lisbonne avec le Paris SG, n’aura pas à voyager à l’autre bout du globe. Messi, en plein conflit avec le FC Barcelone et bien loin de penser à la sélection argentine, non plus. Pour Kylian Mbappé ou Cristiano Ronaldo en revanche, l’heure est aux retrouvailles avec la sélection, pour la première fois depuis novembre 2019, date du dernier rassemblement maintenu avant l’arrivée de la pandémie. Une trêve de près de dix mois jamais vue dans de nombreux pays depuis la Seconde Guerre mondiale, avec une conséquence principale : le report d’un an de l’Euro 2020, désormais reprogrammé à juin-juillet 2021, au bout d’une saison d’une rare densité. Pour ce mois de septembre, quelques jolis duels comme France-Croatie (8 septembre), le remake de la finale du Mondial 2018, ou
Allemagne-Espagne dès demain jeudi, sont au programme.
Mais au-delà de l’enjeu sportif, c’est l’enjeu sanitaire qui marquera ce rassemblement. Comme pour ses tournois finaux de la Ligue des champions et de la Ligue Europa en août, l’UEFA a maintenu pour le début de la Ligue des nations le huis clos généralisé, et ce même dans les pays comme la France, où l’accueil d’un certain nombre de spectateurs est possible. Ainsi, l’Espagne a choisi d’accueillir l’Ukraine le 6 septembre dans le petit stade Alfredo Di Stefano (6 000 places), au centre d’entraînement du Real Madrid à Valdebebas (nord de Madrid). Si aucun match n’est pour le moment prévu sur terrain neutre et que la problématique des restrictions de déplacement, disparates selon les pays, semble atténuée par la mise en place de « corridors » pour le sport professionnel, la quête de la moindre contamination au Covid-19 sera minutieuse, avec le même protocole que pour les Final Eight des Coupes d’Europe.
« Les joueurs seront testés avant de venir à Clairefontaine (le centre d’entraînement de l’équipe de France), ils seront testés ensuite régulièrement par les laboratoires accrédités par l’UEFA », détaille Emmanuel Orhant, le directeur médical de la Fédération française. La hantise de tous les encadrements est évidemment de déceler au sein de l’effectif plusieurs cas de contaminations... Pour certaines sélections, des joueurs positifs ont d’ailleurs dû déclarer forfait, comme Mikel Oyarzabal en Espagne ou Paul Pogba en France. « Les joueurs ont voyagé un peu partout pendant les vacances, donc c’est normal de voir un plus de cas positifs », a positivé récemment le professeur Enrico Castellacci, président de l’Association des médecins du football italien, à la radio locale.
Il faut dire que pour beaucoup, la trêve internationale arrive juste après une période de congés. En Angleterre, en Italie ou en Espagne, où la fin du championnat s’est étirée jusqu’au mois de juillet, voire d’août pour les clubs qualifiés pour les phases finales des Coupes d’Europe. Ainsi, par exemple, les joueurs du Real Madrid n’ont repris l’entraînement que dimanche, et ceux du Barça ne l’ont fait que lundi, au premier jour du rassemblement de la Roja (la sélection espagnole)... A contrario, les joueurs du championnat de France sont prêts car la Ligue 1 a repris depuis le 22 août. Plusieurs sélectionneurs ont d’ailleurs adapté leurs listes : en Allemagne, Joachim Löw a laissé au repos les internationaux du Bayern Munich, tout justes titrés en Ligue des champions, ce qu’a également fait le patron des champions du monde français en n’appelant que Lucas Hernandez parmi les Bleus bavarois.
Source : AFP

