Le président libanais, Michel Aoun (g), recevant du ministre démissionnaire des Finances, Ghazi Wazni, une copie du contrat d'enquête pénale financière avecc la société Alvarez & Marsal, le 24 août 2020 à Baabda. Photo Twitter/Présidence libanaise
Le président libanais, Michel Aoun, a demandé lundi au ministre démissionnaire des Finances, Ghazi Wazni, de signer "le plus tôt possible" le contrat en vertu duquel la société Alvarez & Marsal sera chargée d'effectuer l'enquête pénale financière au sein de la Banque du Liban (BDL), alors que le pays ne cesse de s'enfoncer dans une crise économique et financière sur fond de corruption.
"Le président Aoun a reçu de la part de M. Wazni la copie finale du contrat sur l'enquête financière pénale et lui a transmis ses directives, insistant sur la nécessité de signer le contrat le plus tôt possible", a écrit la présidence sur Twitter.
"Le président Aoun a suivi de près, et quotidiennement, le dossier de l'enquête pénale financière et le considère comme une étape importante pour la réforme et une demande internationale", a indiqué pour sa part M. Wazni, cité par la présidence. "Nous nous attendons à la signature du contrat d'ici deux à trois jours", a enfin indiqué le ministre démissionnaire.
Fin juillet, le gouvernement démissionnaire de Hassane Diab, qui était encore en place à l'époque, avait donné son feu vert à Ghazi Wazni pour signer les contrats avec le réseau néerlandais KPMG et l'Américain Oliver Wyman pour le volet comptable de l'audit de la Banque du Liban (BDL). Le volet pénal financier de l'enquête avait été confié à la société Alvarez & Marsal. Cette société n'était pas le premier choix du gouvernement qui avait initialement décidé de mandater Kroll, un spécialiste mondial dans le forensic audit, un choix qui avait suscité une importante résistance au sein d'une partie de la classe politique, sur fond d'accusation de collaboration entre Kroll et Israël.
La signature du contrat sur l'enquête pénale financière au sein de la BDL pourrait être perçue par la communauté internationale comme un gage de bonne volonté du pouvoir en place pour entreprendre les réformes nécessaires pour sortir le pays de sa pire crise depuis 1990.

