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Monde - Diplomatie

Tournée de Mike Pompeo à Jérusalem et dans plusieurs pays arabes

Le secrétaire d’État américain doit se rendre aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Soudan.

Tournée de Mike Pompeo à Jérusalem et dans plusieurs pays arabes

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo à New York le 20 août 2020. Mike Segar/Pool/AFP

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est attendu aujourd’hui à Jérusalem pour des discussions sur l’accord de normalisation annoncé entre Israël et les Émirats arabes unis, voire sa possible extension à d’autres pays arabes, selon des sources diplomatiques. M. Pompeo doit se rendre, après Israël, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Soudan dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient, ont précisé les mêmes sources hier. À Jérusalem, il s’entretiendra avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de l’accord de normalisation, parrainé par Washington, entre Israël et les Émirats, premier pays du Golfe à établir des relations officielles avec l’État hébreu.

Israël a signé des accords de paix avec l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994), deux voisins avec lesquels il avait été en guerre. À la faveur de la normalisation, Israël et les Émirats ont dit vouloir multiplier les échanges commerciaux, la vente de pétrole émirati à Israël et de technologie israélienne aux Émirats, en plus de doper le secteur du tourisme avec à la clé des projets de vols directs entre Tel-Aviv et Dubaï et Abou Dhabi. M. Netanyahu a dit souhaiter que ces vols traversent l’espace aérien de l’Arabie saoudite, ce qui devrait nécessiter des pourparlers. Riyad a exclu tout accord avec Israël avant un règlement de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Changer la trajectoire

Les Émirats assurent que l’accord conclu avec l’État hébreu prévoit de « mettre fin à toute annexion supplémentaire » de secteurs en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Mais M. Netanyahu a dit que l’annexion était simplement « reportée ».

Cette annexion est prévue dans le plan du président américain Donald Trump annoncé en janvier, pour un règlement du conflit israélo-palestinien. Le plan prévoit aussi la coopération entre Israël et des pays arabes hostiles à l’Iran, ennemi juré de l’État hébreu.

Après l’annonce le 13 août de l’accord entre Israël et Abou Dhabi, la direction palestinienne a dénoncé un « coup de poignard dans le dos », les Émirats ayant normalisé les liens avec l’État hébreu sans paix préalable israélo-palestinienne. Mais la normalisation « permettra de changer la trajectoire de la région d’un passé d’hostilité et de conflits à un avenir d’espoir, de paix et de prospérité », a plaidé l’ambassadeur des Émirats à Washington, Youssef al-Otaïba, dans une lettre en hébreu publiée vendredi en une du Yediot Aharonot, journal le plus vendu en Israël. Mais il a aussi prévenu que des « difficultés » pourraient pointer à l’horizon, mais sans remettre selon lui en cause la normalisation.

Pas de F-35 ?

Un sujet s’impose comme particulièrement sensible pour Israël : la vente possible d’avions de combat F-35 aux Émirats par les États-Unis.

Les Émirats disposent d’une soixantaine de Mirage 2000, un avion de combat polyvalent, mais selon le New York Times, l’administration Trump a « accéléré » son offensive pour vendre des F-35 nouvelle génération aux Émirats dans la foulée de son rapprochement avec Israël.

Historiquement, Israël s’est opposé à la vente de F-35 aux autres pays du Moyen-Orient, y compris à la Jordanie et à l’Égypte, car il veut maintenir sa supériorité technologique dans la région.

M. Netanyahu a soutenu que l’accord avec les Émirats, conclu sous l’égide des États-Unis, n’incluait pas de clause pour la vente de F-35 à ce pays du Golfe. « Les Émiratis disent qu’il y a eu une promesse, Israël dit non (...) mais il y a des arrangements qui peuvent être réalisés pour satisfaire Israël », explique Joshua Teitelbaum, spécialiste du Golfe à l’université israélienne Bar-Ilan, en évoquant des accords passés en coulisses pour faciliter la vente de F-15 à l’Arabie saoudite et à l’État hébreu.

Depuis l’accord avec les Émirats, les spéculations vont bon train sur les autres candidats possibles à la normalisation avec Israël : Bahreïn, Oman, voire le Soudan ? Les Palestiniens, du Fateh laïc de Mahmoud Abbas aux islamistes du Hamas, tentent eux de mobiliser des puissances régionales comme la Turquie et l’Arabie saoudite, voire l’Iran et le Qatar, pour faire obstacle à la normalisation.

Stephen WEIZMAN et Guillaume LAVALLÉE/AFP

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo est attendu aujourd’hui à Jérusalem pour des discussions sur l’accord de normalisation annoncé entre Israël et les Émirats arabes unis, voire sa possible extension à d’autres pays arabes, selon des sources diplomatiques. M. Pompeo doit se rendre, après Israël, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Soudan dans le cadre d’une tournée au Moyen-Orient, ont précisé les mêmes sources hier. À Jérusalem, il s’entretiendra avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de l’accord de normalisation, parrainé par Washington, entre Israël et les Émirats, premier pays du Golfe à établir des relations officielles avec l’État hébreu.Israël a signé des accords de paix avec l’Égypte (1979) et la Jordanie (1994), deux voisins avec lesquels il avait été...
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