Le Parlement libanais réuni le 13 août 2020, au palais de l'Unesco à Beyrouth. Photo Ali Fawwaz / Parlement libanais
Le groupe parlementaire des Forces libanaises a présenté lundi un projet de loi prévoyant la réduction du mandat du Parlement actuel avant le 9 mai 2021, un délai jugé suffisant pour former un nouveau gouvernement et préparer des élections législatives anticipées. Ces élections sont réclamées par la rue libanaise, mobilisée contre le pouvoir depuis octobre, dans un soulèvement qui a repris du souffle après la double explosion du 4 août, alors que de nombreux responsables ont reconnu avoir été au courant de la présence dans le port de Beyrouth des 2750 tonnes de nitrate d'ammonium qui ont soufflé la capitale.
Dans leur texte, les FL demandent que le mandat de la Chambre se termine d'ici neuf mois, avant le 9 mai, a précisé le député Georges Okaïss au cours d'une conférence de presse. Ce délai devrait suffire à l'organisation de législatives "libres et transparentes". Selon cette proposition de loi, les élections devront se tenir selon la loi électorale actuelle. "Toute tentative de vouloir lier des élections anticipées à l'adoption d'une nouvelle loi électorale relève d'une manoeuvre visant à court-circuiter les revendications du peuple et à empêcher tout changement de la classe dirigeante", a souligné le député FL.
Quelques jours après la double explosion, qui a fait plus de 170 morts et des milliers de blessés, le Premier ministre, Hassane Diab, avait annoncé sa volonté de proposer la tenue d'élections anticipées. Il avait toutefois présenté, trois jours plus tard, la démission de son équipe ministérielle. Jeudi dernier, lors d'une séance parlementaire, le président du Parlement, Nabih Berry, avait qualifié de "complot" la menace d'une démission collective des députés pour pousser à des législatives anticipées.

