La façade du siège de la BDL à Hamra. Photo d'archives Patrick Baz/AFP
Des parents d'étudiants suivant leurs études à l'étranger ont manifesté lundi devant le siège de la Banque du Liban (BDL) à Beyrouth, dans le quartier de Hamra, afin de protester contre les restrictions des transferts bancaires, imposées depuis des mois par les banques alors que le pays traverse une grave crise économique et financière.
Ces manifestants ont réclamé qu'une solution soit trouvée "avant le début de l'année universitaire" aux procédures de contrôle des capitaux qui les empêchent de verser des fonds à leurs enfants pour assurer leurs frais de séjour et d'études. Ils ont demandé que les établissements bancaires prennent un compte un "dollar étudiant" qui permettrait d'envoyer des fonds au taux officiel (mais quasiment inusité depuis des mois) de 1500 livres libanaises pour un dollar.
"Plus de 10 000 étudiants font leurs études à l'étranger et voient leur futur menacé" par les restrictions bancaires, a souligné un porte-parole du mouvement, qui a précisé que le sit-in serait maintenu jusqu'à ce que les contestataires puissent être reçus par le gouverneur de la BDL, Riad Salamé.
En fin d'après-midi, M. Salamé a reçu une délégation de parents d'étudiants et leur a promis de suivre ce dossier.
Des restrictions bancaires ont été imposées depuis le début de la crise il y a presqu'un an, en dehors de toute réglementation légalement opposable. Le taux dollar/livre sur le marché noir, qui sert de jauge pour mesurer la valeur réelle de la monnaie nationale, oscillait entre 7.000 et 7.200 livres (taux respectifs à l’achat et à la vente). Les "dollars libanais" peuvent pour leur part être retirés des banques en livres à un taux de 3 900 livres pour un dollar, soit le taux à la vente imposé aux agents de change agréés. Ces derniers limitent les opérations de change à quelques procédures limitées.

