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Afghanistan

La trêve respectée à son deuxième jour



La trêve respectée à son deuxième jour

Une peinture murale de l'envoyé spécial américain Zalmay Khalilzad, et le chef politique des talibans, Abdul Ghani Baradar, à Kaboul, le 12 avril 2020.REUTERS/Mohammad Ismail

Le cessez-le-feu de trois jours proposé par les talibans à l'occasion de la fête de l'Adha était toujours respecté samedi en Afghanistan, pour son deuxième jour, suscitant l'espoir que des pourparlers inédits entre les insurgés et Kaboul puissent bientôt débuter.

Après des semaines particulièrement sanglantes, les violences ont fortement diminué depuis le début vendredi de la trêve, la troisième en près de 19 ans de guerre. Aucune attaque majeure n'a été signalée dans le pays. "Je pense que nous n'avons jamais été si proches de discussions de paix", s'est réjoui Ahmad Rashed, un habitant de Kaboul. "Plus tôt elles commencent, plus de vies pourront être sauvées", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas de mouvements de l'ennemi ou d'attaques des talibans", a rapporté Baheer Ahmad, porte-parole du gouverneur de Kandahar, berceau du mouvement taliban dans le sud de l'Afghanistan. 

Autre source d'espoir, le président afghan Ashraf Ghani et les insurgés ont laissé entendre que des pourparlers entre gouvernement et talibans pourraient débuter après l'Adha. L'ouverture de ces négociations avait été retardée par une stagnation du processus d'échange de prisonniers, prévu par l'accord conclu en février à Doha entre les talibans et les Etats-Unis, et dont l'achèvement est exigé en tant que préalable par les rebelles.

L'accord de Doha prévoit la libération par les autorités afghanes de 5.000 insurgés et celle par les talibans de 1.000 membres des forces de sécurité. Cet échange devrait bientôt toucher à sa fin. Alors que les rebelles ont annoncé avoir fait leur part, Kaboul a relâché la plupart de ses prisonniers. "Il y avait des problèmes dans notre pays et c'est pour cela que nous avons rejoint les talibans", a expliqué à l'AFP Nasir, 30 ans, un détenu libéré vendredi, rencontré à la prison de Pul-e-Charkhi près de Kaboul. "Je ne retournerai pas avec les talibans. Je les ai rejoints une fois et c'était une erreur", a-t-il ajouté.

Khodaidad, un autre détenu, espère que les pourparlers déboucheront sur la paix: "Nous voulons la paix, pour que notre peuple puisse profiter d'une vie paisible".

Plus de 4.600 des 5.000 prisonniers dont la libération est requise par les rebelles ont déjà été relâchés par le gouvernement. Mais les 400 détenus restants, accusés de "crimes majeurs", sont trop dangereux pour être libérés, a averti le président afghan. En gage de "bonne volonté" et pour "accélérer les négociations de paix", le chef de l'Etat avait cependant annoncé vendredi la libération prochaine de 500 prisonniers talibans qui ne font pas partie de la liste transmise par les rebelles.


Le cessez-le-feu de trois jours proposé par les talibans à l'occasion de la fête de l'Adha était toujours respecté samedi en Afghanistan, pour son deuxième jour, suscitant l'espoir que des pourparlers inédits entre les insurgés et Kaboul puissent bientôt débuter.

Après des semaines particulièrement sanglantes, les violences ont...