Diplomatie

Serbie et Kosovo reprennent le dialogue cette semaine

Serbie et Kosovo reprennent le dialogue cette semaine

Combinaison de photos du nouveau Premier ministre du Kosovo Avdullah Hoti (à gauche), et le président serbe Aleksandar Vucic. AFP/Armend Nimani et Andrej Isakovic

La Serbie et le Kosovo vont reprendre le dialogue lors d’un sommet vendredi en visioconférence puis une rencontre entre leurs dirigeants dimanche à Bruxelles, sous l’égide de l’UE, la France et l’Allemagne, afin de tenter de régler l’un des conflits territoriaux les plus épineux d’Europe. Belgrade refuse de reconnaître l’indépendance proclamée en 2008 par son ancienne province méridionale après la guerre sanglante de la fin des années 1990 dans laquelle l’OTAN a joué un rôle déterminant. Vendredi, le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti (et non le président mis en accusation pour crimes de guerre) participeront à un sommet en visioconférence avec le président français Emmanuel Macron, la chancelière Angela Merkel, le haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères Josep Borell ainsi que le représentant spécial de l’UE pour les Balkans occidentaux, Miroslav Lajcak. L’objectif est de « relancer le dialogue » pour « permettre à l’UE de faciliter la solution de leurs différends », selon la présidence française qui précise que le sommet est à l’initiative de M. Macron. Deux jours plus tard, les deux dirigeants se rendront à Bruxelles, pour leur première rencontre dans le cadre du dialogue facilité par l’UE, depuis novembre 2018. « Ce n’est pas un hasard si nous continuons le dialogue dimanche, après la réunion de vendredi », a souligné Peter Stano, porte-parole des services extérieurs de l’UE. « Ce sont des événements complémentaires. » « Cette réunion va relancer les discussions et le travail sur un accord global et juridiquement contraignant sur la normalisation des relations entre la Serbie et le Kosovo, portant sur tous les dossiers en suspens », a expliqué M. Stano.

Crimes de guerre

Ces initiatives interviennent alors que le président kosovar Hashim Thaçi vient d’être mis en accusation pour crimes de guerre pendant le conflit avec la Serbie (1998-99) par les procureurs du Tribunal spécial de La Haye fin juin. Sa mise en accusation avait entraîné le report d’un autre sommet Serbie-Kosovo prévu le 27 juin à la Maison-Blanche qui voulait jouer les médiateurs dans ce conflit entre Européens. Les États-Unis avaient été un des principaux acteurs de l’opération de l’OTAN contre les Serbes en 1999. Deux jours avant ce sommet, le chef de l’État kosovar avait rebroussé chemin, alors qu’il était déjà en route pour les États-Unis, quand le Tribunal spécial pour le Kosovo a annoncé sa mise en accusation pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Le président kosovar a déclaré qu’il démissionnerait « immédiatement » si les accusations du Tribunal spécial pour le Kosovo étaient confirmées par une inculpation formelle. En attendant, c’est donc son Premier ministre qui participera à ces événements. Avdullah Hoti s’entretiendra d’ailleurs dès aujourd’hui à Paris avec le président Emmanuel Macron, a annoncé son service de presse.

Cette rencontre traduit « l’attention et l’engagement du président Macron envers le Kosovo et son avenir euro-atlantique », a-t-il souligné dans un communiqué. Un premier sommet s’était tenu à Berlin en avril 2019, où la Serbie et le Kosovo avaient accepté, sous l’égide de la France et de l’Allemagne, de reprendre leurs pourparlers, vingt ans après leur conflit armé. À l’époque, les deux pays avaient prévu de se retrouver quelques mois plus tard à Paris mais leur dialogue s’est de nouveau enlisé. Dernier conflit en ex-Yougoslavie, la guerre du Kosovo entre forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare albanaise a fait plus de 13 000 morts, des Albanais pour la plupart. Elle s’est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer.

Source : AFP


La Serbie et le Kosovo vont reprendre le dialogue lors d’un sommet vendredi en visioconférence puis une rencontre entre leurs dirigeants dimanche à Bruxelles, sous l’égide de l’UE, la France et l’Allemagne, afin de tenter de régler l’un des conflits territoriaux les plus épineux d’Europe. Belgrade refuse de reconnaître l’indépendance proclamée en 2008 par son ancienne...

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