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Portrait

Jean Castex, « Monsieur déconfinement », nommé Premier ministre

Jean Castex, « Monsieur déconfinement », nommé Premier ministre

Le nouveau Premier ministre français Jean Castex, le 19 mai 2020 à l’Élysée. Gonzalo Fuentes/AFP/POOL

Le haut fonctionnaire Jean Castex, nommé hier Premier ministre français après avoir préparé le déconfinement, est un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, élu local peu connu du grand public mais unanimement salué pour son entregent et son efficacité. Cet homme posé et affable de 55 ans, qui n’a jamais été ministre, est un « couteau suisse » aux réseaux multiples, qui cumule les avantages pour porter la deuxième phase du quinquennat : diplômé de l’ENA, l’école formant les élites françaises, mais au contact des territoires (il est maire d’une petite ville du Sud-Ouest). De droite, il est réputé homme de dialogue et parfait connaisseur des arcanes du pouvoir depuis son passage, comme secrétaire général adjoint, au palais présidentiel de l’Élysée à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, chef de l’État de 2007 à 2012.

« Un haut fonctionnaire qui connaît parfaitement le monde de la santé et qui est redoutable d’efficacité », avait résumé le chef du gouvernement Édouard Philippe, lors de sa nomination le 6 avril comme coordinateur de la stratégie nationale de déconfinement post-coronavirus. « Il a une bonhommie et une sympathie incroyables, une empathie et humilité naturelles. Il travaille à la vitesse de la lumière en gardant un calme à toute épreuve », se souvient un ancien du cabinet de l’ancien ministre de droite Xavier Bertrand, en assurant : « Je n’ai jamais vu quelqu’un autant faire l’unanimité autour de lui, tout le temps. »

Autant d’atouts qui ont servi « Monsieur déconfinement » pour élaborer, avec son équipe de 18 collaborateurs, une doctrine prudente pour permettre au pays de négocier sans recrudescence de l’épidémie le virage de sortie de crise. Peu connu du grand public, habitué des dossiers complexes, Jean Castex a aussi pu s’appuyer sur une vie professionnelle et politique très largement orientée vers le secteur social et la santé. « C’est un vrai couteau suisse, il a des connexions un peu partout, il sait faire ce qu’il faut faire au bon endroit », assure Franck Louvrier, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy.

« Énarque rectifié élu local »

Directeur de l’hospitalisation au ministère des Solidarités en 2005-2006, il devient ensuite directeur de cabinet du ministre Xavier Bertrand à deux reprises, d’abord au ministère de la Santé (2006-2007) puis au Travail (2007-2008). « Le premier plan pandémie, c’est Jean Castex qui est dircab » à l’époque du virus H5N1, rappelle Xavier Bertrand, en louant « les idées claires et le franc-parler » de cet « énarque rectifié élu local ». Son parcours l’amène aussi à gérer des dossiers délicats, notamment le service minimum dans les transports et la réforme des régimes spéciaux de retraite. Il laisse à l’époque chez ses interlocuteurs des centrales syndicales le souvenir d’un homme « disponible » et « avenant » même s’il « cache une certaine fermeté », avec « une excellente connaissance de ses dossiers ». En somme, disent les mêmes, « quelqu’un avec qui on peut discuter ». « Politiquement, je suis de droite et je l’assume parfaitement », soulignait alors ce membre de la Cour des comptes. Nicolas Sarkozy en avait d’ailleurs fait son conseiller aux Affaires sociales en 2010, puis le secrétaire général adjoint de l’Élysée entre 2011 et 2012. À deux ans de la présidentielle, sa nomination « présente beaucoup d’avantages pour Macron » et « il se dit qu’il peut ainsi aussi embêter Xavier Bertrand », souligne-t-on dans l’entourage de l’ancien ministre, qui a quitté le parti Les Républicains (LR, droite) en 2017 et préside aujourd’hui la région des Hauts-de-France et dont le nom revient régulièrement pour représenter la droite en 2022. Membre des Républicains, père de quatre filles, Jean Castex sait aussi se ménager des appuis à La République en marche, le parti présidentiel : son nom avait un temps circulé fin 2018 pour succéder à Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur.

Ce quinquagénaire qui a gardé l’accent du Sud-Ouest (il est né dans le Gers le 25 juin 1965) était jusqu’en début d’année délégué interministériel aux Jeux olympiques de Paris-2024 et présidait l’Agence nationale du sport. Ex-conseiller régional, Jean Castex est aussi maire de Prades qu’il a arraché à la gauche en 2008, avant d’être largement réélu en mars dernier (76 %).

Source : Claire GALLEN


Le haut fonctionnaire Jean Castex, nommé hier Premier ministre français après avoir préparé le déconfinement, est un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, élu local peu connu du grand public mais unanimement salué pour son entregent et son efficacité. Cet homme posé et affable de 55 ans, qui n’a jamais été ministre, est un « couteau suisse » aux réseaux multiples,...

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