Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio lors d'une visite à Ankara, en Turquie, le 19 juin 2020. AFP PHOTO /Turkish Foreign Ministry Press Office
Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi di Maio, en visite mercredi à Tripoli, et le chef du Gouvernement d'union (GNA) libyen ont appelé à la fin des interventions étrangères dans le pays en guerre, selon un communiqué du bureau de Fayez al-Sarraj.
Cette visite éclair survient alors que le GNA, reconnu par l'ONU, a récemment engrangé d'importantes victoires face aux forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est du pays qui cherchait depuis avril 2019 à s'emparer de la capitale libyenne. Dans ce conflit, l'Egypte et les Emirats arabes unis soutiennent les forces du maréchal Haftar, et le GNA est appuyé par la Turquie.
MM. di Maio et Sarraj ont souligné "la nécessité de la reprise du processus politique et la fin des ingérences étrangères négatives" en Libye, selon le communiqué. En évoquant l'opération navale Irini, lancée par l'Union européenne en Méditerranée pour contrôler l'embargo sur les livraisons d'armes à la Libye, M. Sarraj a plaidé pour un contrôle "global" en couvrant les voies maritimes, mais aussi terrestres et aériennes.
M. Sarraj, dont le gouvernement a reçu des armes turques par voie maritime, a critiqué à plusieurs reprises l'opération Irini qui favorise selon lui le maréchal Haftar qui obtient lui des armes par voies terrestre et aérienne. La lutte contre l'immigration clandestine et une aide italienne pour déminer les quartiers sud de Tripoli, dévastés par les affrontements, ont été également au menu de l'entretien entre les deux responsables, selon le bureau du chef du GNA.
D'après l'entourage du ministre italien, cité mercredi par le journal Il Messaggero, "la Libye reste une priorité" pour Rome. "Nous ne pouvons pas nous permettre une partition du pays. C'est pour cela que nous sommes allés d'abord à Ankara", ont ajouté ces mêmes sources.
Le chef de la diplomatie italienne s'était rendu en Turquie le 19 juin. Sa dernière visite en Libye remonte à janvier. Après avoir mis en échec l'offensive du maréchal Haftar sur Tripoli, les forces du GNA visent la ville côtière de Syrte, située à 450 kilomètres à l'est de Tripoli et verrou stratégique vers le fief du maréchal.
L'Egypte a averti que toute avancée des pro-GNA vers Syrte pourrait entraîner une intervention "directe" du Caire, des propos considérés comme une "déclaration de guerre" par le GNA. Depuis la chute et la mort du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 après une révolte populaire et une intervention militaire de la France, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, la Libye est plongée dans le chaos des conflits et des luttes de pouvoir.

