Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. Photo Ani
Le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a affirmé vendredi que tout le monde devait prendre sa part de responsabilité pour le Liban, dénonçant les actes de vandalisme qui ont eu lieu la nuit dernière et appelant les révolutionnaires à avoir confiance en leur pays qui traverse sa plus grave crise économique, financière et monétaire depuis 30 ans. Hier, le pays a connu une nuit de contestation et de colère sur l'ensemble du territoire libanais contre la chute incontrôlée de la livre face au dollar et contre le pouvoir en place.
"Je lance un appel aux Libanais : nous sommes tous responsables du Liban. Nous sommes appelés à préserver notre confiance et à respecter la nation", a déclaré Mgr Raï au palais de Baabda à l'issue d'un entretien avec le président Michel Aoun. "Là, oui, tous veut dire tous", a-t-il ajouté, en référence au principal slogan du mouvement de contestation.
"Nous avons présenté au président Aoun notre plan de sauvetage que nous avons transmis aux archevêchés et aux institutions", a souligné le chef de l’Église maronite. "Nous respectons les décisions du pouvoir, et ce pouvoir doit assumer ses responsabilités envers le peuple. "Le président Aoun a été le premier à brandir le slogan +Tous sans exception+", a affirmé Mgr Raï, avant d'appeler à "ne pas faire assumer toute la responsabilité à une seule personne".
"Je considère que dire qu'on n'a pas confiance en le Liban est une trahison. Si nous n'avons pas confiance en le pays, comment la communauté internationale peut-elle le faire ?", s'est-il interrogé, alors que le gouvernement négocie en ce moment avec le Fonds monétaire international (FMI) une aide financière.
"Aux révolutionnaires, je dis : restez civilisés dans votre révolution dont nous partageons les revendications légitimes, mais pas en cassant ou en vandalisant. Le Liban est une terre de culture, pas de pneus brûlés et de vandalisme", a déclaré le prélat.

