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Sport - Athlétisme / Dopage Et Corruption

L’heure des comptes a sonné pour Lamine Diack et son fils

Lamine Diack, ancien patron déchu de l’athlétisme mondial, a célébré ses 87 ans hier. Thomas Samson/AFP

Cinq ans après un retentissant scandale de corruption sur fond de dopage en Russie, l’heure des comptes a sonné pour l’ancien patron déchu de l’athlétisme mondial, Lamine Diack, attendu ce matin au tribunal de Paris pour être jugé avec son fils et quatre autres protagonistes. L’affaire, qui avait éclaté en novembre 2015 avec l’arrestation du Sénégalais en région parisienne, a généré d’autres dossiers sulfureux qui ont terni l’image du sport : depuis 2016, la Russie a été sanctionnée pour dopage institutionnel à grande échelle, et la justice française est désormais aussi saisie de soupçons de corruption dans l’attribution des Jeux olympiques de Rio en 2016 et de Tokyo en 2020.

Interdit de quitter la France, l’ancien patron de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF, 1999-2015, rebaptisée depuis World Athletics), que le parquet national financier accuse d’avoir mis en place « une véritable organisation criminelle », risque jusqu’à dix ans de prison pour corruption active et passive, abus de confiance et blanchiment en bande organisée. L’un de ses anciens conseillers français, l’avocat Habib Cissé, et l’ancien responsable du service antidopage de l’IAAF, Gabriel Dollé, comparaissent pour corruption passive.

Acteur-clé de l’affaire, Papa Massata Diack, le fils de Lamine et ancien puissant conseiller marketing de l’IAAF, qui a toujours échappé à la justice française, sera probablement absent. Son avocat à Paris, Me Antoine Beauquier, demande le renvoi du procès car ses deux autres avocats sont bloqués à Dakar par la fermeture des frontières. Une demande qui sera examinée ce matin, au premier des six jours d’audience, alors que les débats avaient déjà été renvoyés en janvier en raison de problèmes de procédure. Devant la 32e chambre correctionnelle, l’ancien président de la Fédération russe d’athlétisme, Valentin Balakhnitchev, et l’ancien entraîneur national des courses de fond, Alexeï Melnikov, soupçonnés d’avoir soutiré des fonds à des athlètes dopés en échange de leur protection contre des sanctions, pour un total évalué à 3,45 millions d’euros, devraient aussi manquer à l’appel.

Ingérences politiques, dopage et sommes colossales déversées par les sponsors et les droits télé, l’affaire concentre beaucoup de dérives du sport. Elle démarre au début des années 2010, avec l’arrivée dans l’arsenal antidopage du passeport biologique, qui permet de déceler des variations sanguines suspectes. L’étau se resserre alors sur la Russie, et en novembre 2011, une liste de 23 athlètes suspects est établie. Au même moment, Diack, son fils et Cissé multiplient les voyages à Moscou. Les dossiers disciplinaires, eux, traînent en longueur, permettant à plusieurs athlètes de participer aux JO de Londres en 2012. Certains y seront même sacrés, avant d’être déchus.

Lamine Diack, qui a eu 87 ans hier, a reconnu que les sanctions ont été échelonnées pour éviter de plomber l’image de la Russie et favoriser les négociations sur les droits télé et les sponsors en vue des Mondiaux 2013 à Moscou. « Il fallait différer la suspension des athlètes russes pour obtenir le contrat VTB », une banque d’État russe, a-t-il avoué durant l’enquête. Il a aussi concédé qu’il avait obtenu 1,5 million d’euros de la Russie pour faire campagne contre le sortant Abdoulaye Wade à la présidentielle sénégalaise de 2012. Mais pour ses avocats, les athlètes russes ont finalement été sanctionnés (la plupart en 2014), et Lamine Diack voulait sauver l’IAAF de la banqueroute. Ils réfutent tout lien entre le jeu diplomatique de Moscou en Afrique et les dossiers sportifs. L’affaire n’aurait peut-être jamais vu le jour si la marathonienne Liliya Shobukhova, finalement suspendue en 2014, n’avait pas demandé un remboursement à ses maîtres chanteurs. Un virement de 300 000 euros à son profit, provenant d’un compte à Singapour, a permis de remonter à Papa Massata. Les noms de plusieurs autres athlètes et des sommes apparaissent sur des notes saisies chez Cissé, mais la trace de l’argent n’a pas été retrouvée.

Source : AFP

Cinq ans après un retentissant scandale de corruption sur fond de dopage en Russie, l’heure des comptes a sonné pour l’ancien patron déchu de l’athlétisme mondial, Lamine Diack, attendu ce matin au tribunal de Paris pour être jugé avec son fils et quatre autres protagonistes. L’affaire, qui avait éclaté en novembre 2015 avec l’arrestation du Sénégalais en région parisienne, a généré d’autres dossiers sulfureux qui ont terni l’image du sport : depuis 2016, la Russie a été sanctionnée pour dopage institutionnel à grande échelle, et la justice française est désormais aussi saisie de soupçons de corruption dans l’attribution des Jeux olympiques de Rio en 2016 et de Tokyo en 2020.Interdit de quitter la France, l’ancien patron de la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF, 1999-2015,...
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