Conflit

Le gouvernement de Tripoli déterminé à prendre le contrôle de toute la Libye, affirme Sarraj

Le chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU, Fayez al-Sarraj, reçu à Ankara par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, le 4 juin 2020. Photo AFP / TURKISH PRESIDENTIAL PRESS SERVICE

Le chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU, Fayez al-Sarraj, a affirmé lors d'une visite à Ankara jeudi qu'il était "déterminé" à reprendre le contrôle de toute la Libye, après une série de succès contre les forces de l'homme fort de l'Est libyen Khalifa Haftar.
"Notre combat se poursuit et nous sommes déterminés à vaincre l'ennemi, imposer le contrôle de l'Etat sur l'ensemble de la patrie et anéantir tous ceux qui mettent en péril la construction d'un Etat civil, démocratique et moderne", a déclaré M. Sarraj à l'issue d'une rencontre avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, son principal soutien.

Et alors que l'ONU a annoncé mercredi la reprise de pourparlers avec les belligérants libyens, M. Sarraj a signifié son refus de s’asseoir "à la table des négociations avec le criminel de guerre (Haftar), car il n'a jamais été un partenaire dans le processus politique". Ces pourparlers étaient suspendus depuis plus de trois mois. De son côté, M. Erdogan s'en est pris sans les nommer aux pays qui appuient le maréchal Haftar, à savoir les Emirats arabes unis, l'Egypte, la Russie et la France, soupçonnée de miser sur l'homme de l'Est libyen même si elle s'en défend. "L'Histoire jugera ceux qui, en soutenant le putschiste Haftar, ont plongé la Libye dans un bain de sang et de larmes", a lancé le président turc. La rencontre entre MM. Erdogan et Sarraj intervient peu après l'annonce par le GNA de la reprise de l'ensemble de Tripoli et de sa banlieue, un revers majeur pour les forces de Haftar.

Les forces de l'homme fort de l'Est libyen, en position de force il y a quelques mois, ont essuyé de cuisantes défaites ces dernières semaines, à mesure que le soutien militaire d'Ankara au GNA s'est renforcé. La Turquie a notamment envoyé des "conseillers militaires" et des drones en Libye pour soutenir le gouvernement de Tripoli. Ankara et le GNA ont renforcé leur coopération depuis la signature, en novembre, d'un accord de coopération militaire adossé à un pacte controversé de coopération maritime qui élargit notamment les frontières maritimes de la Turquie. S'appuyant sur cet accord, la Turquie a multiplié ces derniers mois les forages exploratoires dans des zones riches en hydrocarbures de la Méditerranée orientale, s'attirant les foudres des pays riverains. Au risque de renforcer les tensions, M. Erdogan a déclaré jeudi que Tripoli et Ankara "ont pour but de renforcer leur coopération, y compris en matière d'exploration et de forages".

La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, et le conflit a connu au cours de l'année écoulée une implication croissante de puissances étrangères. Depuis avril 2019, des centaines de personnes, dont de nombreux civils, ont été tués dans les combats et quelque 200.000 ont pris la fuite.


Le chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU, Fayez al-Sarraj, a affirmé lors d'une visite à Ankara jeudi qu'il était "déterminé" à reprendre le contrôle de toute la Libye, après une série de succès contre les forces de l'homme fort de l'Est libyen Khalifa Haftar.
"Notre combat se poursuit et nous sommes déterminés à vaincre l'ennemi, imposer le contrôle de l'Etat...