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Véhicules électriques

Extreme E, une nouvelle compétition tout-terrain

Le promoteur de la formule E fait le pari osé de courses automobiles dans des écosystèmes fragiles.

Un nouveau championnat de voitures électriques tout-terrain, baptisé Extreme E, doit s’élancer en janvier 2021 autour du célèbre lac Rose au Sénégal. En janvier 2020, un buggy de la catégorie Extreme E a participé au rallye-raid Dakar, dans le désert d’Arabie saoudite, pour tester la fiabilité de ce genre de voitures. Franck Fife/AFP

Un nouveau championnat, baptisé Extreme E (en anglais), va tenter le pari osé de faire courir des voitures électriques dans des écosystèmes fragiles comme la forêt amazonienne, le Groenland et le désert sénégalais, au risque de s’attirer les foudres des défenseurs de l’environnement. C’est en janvier 2021 que ces gros buggies électriques de plus d’une tonne et demie doivent s’élancer pour la toute première épreuve de ce championnat autour du célèbre lac Rose au Sénégal, si la pandémie de Covid-19 le permet toutefois. Ils iront ensuite en Arabie saoudite, au Népal, au Groenland puis, enfin, dans l’Amazonie brésilienne.

Derrière ce concept se trouve Alejandro Agag, le promoteur du championnat de formule E (FE) qui fait courir depuis 2014 des monoplaces 100 % électriques. « C’est la partie tout-terrain du championnat de FE », affirme l’Espagnol, qui voit ce dernier gagner chaque année en ampleur. Il accueille cette saison des constructeurs aussi prestigieux que Mercedes, Porsche, BMW ou encore DS (groupe PSA) et Jaguar. « Cela sera un championnat très concentré sur l’environnement », ajoute Agag en évoquant l’Extreme E. Âgé de 49 ans, celui-ci a également été conseiller de l’ex-Premier ministre espagnol José Maria Aznar, puis député européen conservateur.

Mais des organisations de protection de l’environnement ne voient pas d’un très bon œil l’irruption de ces gros véhicules dans des zones fragiles. « Qu’ils soient à essence ou électriques, les gros SUV sont un type de véhicules qui nous font souci. Le véhicule vers lequel on doit évoluer vers l’avenir, c’est plus des voitures moins lourdes qui consomment moins d’énergie. En faisant cela, on valorise ce type de véhicule par le biais de la publicité (et) on risque d’abîmer l’écosystème local », souligne Sarah Fayolle, de Greenpeace.

Les courses opposeront deux groupes de six voitures, qui s’affronteront deux par deux, avec les quatre premières se qualifiant pour une finale de 6 à 10 km avec des « points de passage » obligés. Plusieurs pilotes se sont déjà déclarés intéressés, comme les français Jean-Éric Vergne, vainqueur du championnat de FE en 2018 et 2019, et Sébastien Ogier, sextuple champion du monde des rallyes. Vergne alignera sa propre écurie, Veloce Racing, venue de l’e-Sport, avec Adrian Newey, considéré comme le meilleur ingénieur de la F1 moderne où il a conçu les Red Bull. Les autres équipes engagées dans ce championnat sont pour le moment HWA (filiale de Mercedes), Venturi, ABT Sportsline, QEV Technologies, ainsi que deux équipes américaines : Chip Ganassi Racing (CGR), connue pour ses victoires en IndyCar et Nascar aux États-Unis, et Andretti Autosport.

Performances incroyables

Jean-Éric Vergne ne craint pas de voir cette compétition susciter l’ire des écologistes. « Au Groenland, on ne va pas rouler sur des glaciers, donc on ne va pas les détruire. On va rouler sur une partie où il y a cinq ans il y avait peut-être 8 à 15 m de glace et aujourd’hui il n’y en a pas. En Amazonie, on ne va pas détruire des arbres mais, bien au contraire, on va rouler dans des parties qui ont été déforestées par l’homme et avec Veloce on va replanter des arbres. Dans chaque pays, on fera quelque chose pour l’environnement », plaide-t-il.

Alejandro Agag promet que les équipements utiliseront des énergies renouvelables et, quand cela ne sera pas possible, un programme de compensation (offset) des émissions de CO2 sera mis en place, dans la zone concernée ou ailleurs, pour rendre l’évènement neutre. Le Britannique David Mayer de Rothschild, qui lutte notamment contre les rejets de plastiques dans les océans, sera « explorateur en chef » alors que les courses feront l’objet d’une série télévisée docu-sport, à l’image de ce que Netflix fait déjà pour la F1.

Agag vante en outre les performances « incroyables » de l’engin qui sera utilisé. D’une puissance de 550 chevaux (400 kW), il pèse 1 650 kg (principalement en raison des batteries) pour une largeur de 2,3 m, pourra passer de 0 à 100 km/h en 4,5 secondes et grimper des pentes de 130 % grâce à ses deux moteurs et quatre roues motrices. Dans un premier temps, toutes les équipes auront le même véhicule, mais le promoteur espagnol n’écarte pas ensuite la possibilité de voir les constructeurs participer avec leurs propres bolides électriques.

De plus, tous les équipages participant au championnat devront être mixtes et plusieurs femmes avaient commencé à s’entraîner avant le confinement, parmi lesquelles la Suissesse Simona de Silvestro, la Suédoise Mikaela Ahlin-Kottulinsky ainsi que les Britanniques Jamie Chadwick et Katherine Legge. Un comité scientifique qui guidera des projets éducatifs et de recherche dans le domaine des enjeux environnementaux a également été constitué.

Source : AFP


Un nouveau championnat, baptisé Extreme E (en anglais), va tenter le pari osé de faire courir des voitures électriques dans des écosystèmes fragiles comme la forêt amazonienne, le Groenland et le désert sénégalais, au risque de s’attirer les foudres des défenseurs de l’environnement. C’est en janvier 2021 que ces gros buggies électriques de plus d’une tonne et demie doivent...

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