L’ONG américaine Human Rights Watch (HRW) a accusé hier les autorités de la République démocratique du Congo d’avoir tué en avril « au moins 55 personnes », adeptes d’un mouvement séparatiste politico-sectaire. La police congolaise « a eu recours à plusieurs reprises à une force létale excessive » contre des adeptes du Bundu Dia Kongo (BDK) du 13 au 24 avril à Kinshasa et dans la province voisine du Kongo central (Ouest), écrit HRW dans un rapport. Au moins 55 personnes ont été tuées dans la répression contre les séparatistes de BDK qui voulaient chasser les « non-originaires » du Kongo central, c’est-à-dire les Congolais venus d’autres provinces, selon ce rapport. Les forces de police « ont parfois tiré à balles réelles », selon HRW. Le gourou du mouvement Bundu dia Kongo, l’ex-député Zacharie Badiengila, alias Ne Muanda Nsemi, a été arrêté le 24 avril à sa résidence de Kinshasa, après un affrontement entre la police et ses adeptes. En janvier, Ne Muanda Nsemi s’était autoproclamé président de la RDC en invoquant « un coup d’État divin ». HRW, qui affirme avoir interrogé des victimes et témoins, estime que le gouvernement congolais « a répondu en violant les normes internationales relatives à l’usage de la force, provoquant un bain de sang ».

