En décembre dernier, Charles Leclerc a prolongé son contrat avec Ferrari jusqu’à fin 2024. Photo DR
Le roi est mort, vive le roi ! Le départ de Ferrari fin 2020 de Sebastian Vettel (32 ans) place Charles Leclerc (22 ans) en position de n° 1 de facto après une saison seulement au sein de la Scuderia.
Si le discours officiel voulait qu’il n’y ait plus de n° 1 ou de n° 2 chez Ferrari cette année, contrairement à la précédente où l’expérimenté Vettel avait préséance, le rapport de force est désormais inversé. D’autant que, pour la marque italienne, le Monégasque, deuxième plus jeune pilote de l’histoire du Cheval cabré à son arrivée en 2019, est un investissement de long terme. Premier pilote formé au sein de la filière de jeunes de la Scuderia à intégrer l’écurie de F1, Leclerc a prolongé en décembre dernier son contrat jusqu’à fin 2024.
Entre lutte des générations et histoire d’amour, la conquête de Ferrari par Leclerc n’a pas traîné. Retour aux essais de présaison 2019 : interrogé sur la hiérarchie entre ses pilotes, le patron de Ferrari, Mattia Binotto, répond que ceux-ci sont « libres de se battre », mais qu’en cas de « situation ambiguë », Vettel est le « champion ». Choix logique entre le quadruple champion du monde et un jeune homme entamant sa seconde saison en F1, la première en rouge. Mais le Monégasque se découvre plus rapide lors du premier GP, en Australie, et se voit refuser l’autorisation d’attaquer son aîné. Dès la course suivante, à Bahreïn, il signe la pole position, dépasse Vettel sans l’accord de leur état-major et n’est privé du succès que par une panne. C’est lui aussi qui ouvre le compteur de victoires de Ferrari au GP de Belgique, avant d’offrir à la Scuderia son premier succès en Italie depuis 2010. Et d’achever ainsi de conquérir le cœur de tifosi déjà séduits par cette nouvelle recrue talentueuse, ambitieuse et charismatique, qui se paye même le luxe de parler un italien impeccable.
« En à peine plus de six mois », le Monégasque a « tout conquis : la Scuderia, l’amour du peuple Ferrari et sans doute l’avenir », l’adoubait la Gazzetta dello Sport, par opposition à un Vettel qui, en cinq ans, a échoué à permettre à son écurie de renouer avec les lauriers mondiaux. Si leur rivalité a culminé en un accrochage au Brésil en fin de saison 2019, les deux hommes « s’entendent très bien », n’a-t-on cessé de marteler chez Ferrari, et le plus jeune a rendu hommage hier à son aîné sur les réseaux sociaux. « Être ton équipier a été un grand honneur pour moi. Nous avons vécu des moments de tension en piste. De très bons et d’autres qui ne se sont pas terminés comme nous le voulions, mais toujours dans le respect, même si ça n’a pas été perçu comme ça de l’extérieur. Je n’ai jamais autant appris qu’avec toi pour équipier. Merci pour tout, Seb », a posté Leclerc.
Se pose désormais la question de qui remplacera Vettel en 2021 et avec quels effets sur le statut du Monégasque. Car, parmi les possibles successeurs cités, il y a l’Australien d’origine italienne Daniel Ricciardo (Renault), et ce dernier n’est pas vraiment de la trempe d’un tranquille n° 2...
Source : AFP

