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Politique - Décryptage

À Baabda, tout est prêt pour la réunion de mercredi

Baabda, 1er mai. Le palais présidentiel ne connaît pas le repos ces derniers temps. Jour de congé ou non, les rendez-vous s’y succèdent, avec une seule différence : le rythme est légèrement plus lent qu’en jour de travail normal. Coronavirus oblige, les mesures de précaution sont très strictes. Prise de température, gants et masques, ainsi que désinfectant à gogo pour les sacs, les dossiers et tous les objets qui sont introduits avec les personnes, attendent le visiteur dès l’entrée. Ceux qui veillent sur la sécurité des lieux sont attentifs à ce qu’il n’y ait aucune cohue ni dans le grand hall ni dans les salons, et encore moins dans les bureaux. Les fauteuils sont d’ailleurs installés à bonne distance les uns des autres et des tables de travail.

Le chef de l’État accueille ses visiteurs tantôt derrière son bureau, tantôt dans l’espace salon attenant. Il profite du rythme plus lent des rendez-vous pendant les jours de congé pour trier les papiers qui s’accumulent sur sa table de travail. À 9h30, il a déjà vidé trois fois le broyeur. Il lit attentivement les documents avant de décider s’il faut s’en débarrasser ou non. Entre deux gorgées de Ricoré, sa boisson chaude préférée depuis des années, il se veut plutôt rassurant. Les premières réactions des diplomates et autres parties internationales qui ont été consultés régulièrement avant l’annonce du plan de sauvetage économique et financier du gouvernement sont positives, et les négociations préliminaires entamées avec le Fonds monétaire international sont encourageantes.

Apparemment, les différentes parties étrangères sollicitées ne croyaient pas que le gouvernement finirait par adopter un plan précis car c’est la première fois que cela arrive au Liban, où, avec les gouvernements précédents, chaque ministre proposait un plan pour son ministère. Cette fois, il s’agit d’un travail d’équipe, collectif, qui couvre tous les secteurs en même temps. C’est d’ailleurs ce qui le rend plus crédible. Bien entendu, cela ne signifie pas que tous les obstacles aient été surmontés, mais du moins est-ce un bon début, et le gouvernement travaille sans relâche.

Selon ses visiteurs, le chef de l’État ne cacherait pas sa satisfaction de voir que les réunions gouvernementales sont marquées par la volonté d’aboutir à des décisions concrètes. Le gouvernement travaille dans un esprit d’équipe et tous les ministres ont approuvé le plan. Les interminables débats politiques qui marquaient jadis les réunions des Conseils des ministres ont été éliminés, ce qui fait gagner un temps précieux en cette période particulièrement sensible.

C’est d’ailleurs par souci de gagner du temps, mais surtout pour faire participer toutes les parties politiques aux décisions importantes qui doivent être prises, que le président Aoun a convoqué une réunion des chefs des groupes parlementaires au palais de Baabda mercredi. Il a déjà utilisé ce procédé deux fois au cours des trois dernières années, et à chaque fois, les différents chefs de parti, qui sont aussi pratiquement les chefs des groupes parlementaires, avaient répondu présent. Il aurait aimé bien sûr que tous viennent au rendez-vous cette fois aussi parce que l’heure est grave et les Libanais méritent qu’on surmonte les clivages politiques pour tenter de trouver les moyens de sortir de cette crise profonde, mais il respecte la décision de chacun. À Baabda, tout est donc prêt pour cette réunion qui ne remplace nullement le vote du Parlement, mais elle est destinée à faire participer toutes les parties politiques à la prise de décision.

Le président devrait prononcer un discours à l’ouverture de la réunion, avant de laisser les spécialistes expliquer le plan du gouvernement et d’ouvrir ensuite la voie aux discussions. Pour lui, il est important que tous comprennent qu’il n’y a de la part de l’exécutif (le Premier ministre sera évidemment présent) aucune velléité de vengeance contre qui que ce soit et que l’État est ouvert à tous.

Au palais présidentiel, on mise beaucoup sur le recours au FMI pour obtenir les fonds (en crédits évidemment) qui devraient permettre de relancer l’économie à travers l’exécution de projets, notamment dans les secteurs de production. Ce qui devrait aussi créer des emplois. Comme il s’agit d’un plan quinquennal, les résultats positifs ne se feront pas sentir immédiatement et des jours difficiles attendent les Libanais, mais au moins, il y aura des perspectives positives pour les prochaines années.

N’y a-t-il pas toutefois des conditions dures qui pourraient toucher à la souveraineté du pays et même avoir des connotations politiques, en contrepartie du recours au FMI? Selon les visiteurs de Baabda, Michel Aoun sourit lorsqu’on lui pose cette question. Il évoque le fameux 13 octobre 1990, lorsque 40 000 soldats syriens ont été mobilisés pour le déloger du palais de Baabda, appuyés par l’artillerie et des bombardements aériens. Même après son appel à cesser les combats, ils ont continué à frapper pour le détruire, lui et les soldats qui se battaient avec lui. Malgré cela, il n’avait pas plié. Il évoque aussi ses discours à la tribune des Nations unies et à celle de la Ligue arabe pour rappeler qu’il ne cède pas aux pressions, ni avant, ni maintenant, ni demain. Pour lui, le droit reste le droit, indépendamment du rapport de force.

Selon ses visiteurs, le chef de l’État estime que désormais la lutte contre la corruption, dont il a fait son cheval de bataille, l’évoquant dans plus de 48 discours au cours des trois dernières années depuis la prestation de serment présidentielle, devrait prendre une nouvelle tournure. Il mise pour cela sur la justice et rappelle que le serment des juges devant le chef de l’État ressemble à celui que prête ce dernier au moment de son entrée en fonctions. Toutefois, le président, qui garde toujours le texte de la Constitution à portée de main et cite souvent des articles pour appuyer ses déclarations, estime que les juges ont une totale indépendance et doivent agir selon leur conscience dans leur métier, mais qu’ils n’ont pas la même liberté sur le plan administratif, dans une allusion aux dernières nominations qui ne sont pas encore arrivées chez lui. Au sujet des manifestations, le chef de l’État estime aussi que la liberté d’expression et de manifestation est sacrée. Elle sera donc préservée à n’importe quel prix, mais cela ne signifie pas selon lui que les attaques contre l’armée et les insultes qui sont punies par le code pénal seront autorisées. Son cœur bat à l’unisson des citoyens en colère qui souffrent, mais il est convaincu que le pays peut s’en sortir...

Baabda, 1er mai. Le palais présidentiel ne connaît pas le repos ces derniers temps. Jour de congé ou non, les rendez-vous s’y succèdent, avec une seule différence : le rythme est légèrement plus lent qu’en jour de travail normal. Coronavirus oblige, les mesures de précaution sont très strictes. Prise de température, gants et masques, ainsi que désinfectant à gogo pour les sacs, les dossiers et tous les objets qui sont introduits avec les personnes, attendent le visiteur dès l’entrée. Ceux qui veillent sur la sécurité des lieux sont attentifs à ce qu’il n’y ait aucune cohue ni dans le grand hall ni dans les salons, et encore moins dans les bureaux. Les fauteuils sont d’ailleurs installés à bonne distance les uns des autres et des tables de travail. Le chef de l’État accueille ses visiteurs tantôt...
commentaires (5)

Le présenter comme un héros est loin de la vérité. Réfugié au sein de l'ambassade de France, puis dans sa villa dorée. C'est loin de l'image que les libanais ont de lui " comme héros". Surtout de la part des familles des soldats kidnappés et/ou tués par ses nouveaux amis. De grâce, ce n'est pas un article mais un encensement pour une idole . Merci pour la parution cette fois ( c'est plus soft que l'autre post non?) :)

LE FRANCOPHONE

15 h 34, le 04 mai 2020

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Commentaires (5)

  • Le présenter comme un héros est loin de la vérité. Réfugié au sein de l'ambassade de France, puis dans sa villa dorée. C'est loin de l'image que les libanais ont de lui " comme héros". Surtout de la part des familles des soldats kidnappés et/ou tués par ses nouveaux amis. De grâce, ce n'est pas un article mais un encensement pour une idole . Merci pour la parution cette fois ( c'est plus soft que l'autre post non?) :)

    LE FRANCOPHONE

    15 h 34, le 04 mai 2020

  • si par "" tous les membres du cabinet ont approuve le plan apres multes discussions- "on" veut nous faire avaler encore une couleuvre-cette fois d'un ridicule rare - eh bien "on" a tort . je ne vois vraiment pas parmi les 21 quelqu'un apte a en discuter a part les 2 ministres des finances et de l'economie, pt't aussi mr Diab . alors reunir les 15 a baabda pour leur expliquer ce qu'aucune personne parmi elles ne peut comprendre? compte non tenu de la valeur des attaques de hariri... il a raison , faut absolument remettre la copie detaillee -la vraie- de ce plan aux deputes, leur donner le temps de le lire-d'en demander explications a des conseillers - ou pas - , pour ensuite en discuter au parlement . mercredi a baabda c quoi ca ? recouvrer une legitimite perdue depuis - depuis quand ?

    Gaby SIOUFI

    11 h 04, le 04 mai 2020

  • Vous appelez cet article du journalisme ou de l’encensement ?

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 43, le 04 mai 2020

  • "Malgré cela, il n’avait pas plié": pas plié, peut-être, mais il s'est réfugié dans une ambassade étrangère, non?????

    Soraya Naufal

    07 h 13, le 04 mai 2020

  • ...Il a vidé 3 fois le broyeur... Voici ce que nous pouvons appeler comme information journalistique intéressante qui va nous permettre d’analyser. .. de décrypter.. de renforcer notre QI en matière de culture politique !!! Pour le reste? Il est temps après 3 ans de sommeil, qu’il se réveille maintenant que la classe politique a réalisé que les atermoiements qu’elle use et abuse envers le libanais... ca ne marche pas envers les financiers et pays du monde entier. Eh oui mes petits ... ici, vous jouez avec les grands. Ca ne rigole pas.

    LE FRANCOPHONE

    01 h 04, le 04 mai 2020

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