Vue générale de Rio de Janeiro. Photo d'archives AFP
Le confinement en place dans l'Etat de Rio de Janeiro pour endiguer une progression du coronavirus extrêmement inquiétante va être prolongé jusqu'au 11 mai, ont annoncé jeudi les autorités du deuxième Etat le plus touché du Brésil.
Allant à l'encontre des positions du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui prône la poursuite des activités dans le pays, le gouverneur de l'Etat, Wilson Witzel, a prolongé par décret jusqu'à cette date la fermeture des écoles, universités, salles de spectacles.
Il a également réitéré sa "recommandation" de ne pas fréquenter les plages. Seuls des services essentiels pourront rester ouverts, tels les pharmacies, supermarchés, boulangeries, en respectant les règles de distanciation sociale. Toutefois, M. Witzel a déclaré dans une interview au quotidien O Globo qu'il excluait pour le moment de prendre des mesures plus strictes telles qu'une quarantaine obligatoire pour tous. "Je ne pense pas à une fermeture totale", a dit le gouverneur.
Le confinement, en place depuis fin mars et initialement en vigueur jusqu'à jeudi, reste relatif car non coercitif, et de nombreux habitants se sont remis à sortir ces derniers jours, notamment sur les plages et dans les parcs, alors même que les hôpitaux de l'Etat approchent de la saturation et que le pic de l'épidémie est attendu mi-mai.
La municipalité de Rio, une ville de plus de six millions d'habitants, a annoncé dans un tweet prolonger le confinement jusqu'au 15 mai. "Avec le nombre de personnes infectées en progression dans la ville, il est encore plus important que chacun reste chez soi. Ceci ne vaut pas que pour un seul, mais pour tous", écrit la municipalité.
Le coronavirus a fait 5.901 morts officiellement au Brésil, avec 85.380 cas confirmés, des chiffres qui pourraient être sous-estimés de 15 fois selon des scientifiques.
L'Etat de Rio, qui compte 17 millions d'habitants, déplore officiellement 854 morts et 9.453 cas, derrière celui de Sao Paulo, le pire foyer de contamination au Brésil. Mais les autorités locales reconnaissent elles-mêmes un recensement en-dessous de la réalité, dans un pays qui fait très peu de tests. "Compte tenu des sous-déclarations, nous devons avoir environ 140.000 personnes infectées dans l'Etat de Rio aujourd'hui, soit 15 à 20 fois le nombre officiel", a déclaré jeudi le secrétaire d'Etat local à la Santé, Edmar Santos, dans un entretien à TV Globo.
Selon M. Santos, l'Etat de Rio pourrait connaître dans les "trois ou quatre semaines à venir" une aggravation de la situation, similaire à ce que connaissent l'Italie, l'Espagne et les Etats-Unis. Environ 7.000 personnes pourraient avoir besoin d'être hospitalisées en soins intensifs. Or "l'Italie n'y est pas parvenue, l'Espagne n'y est pas parvenue, et les Etats-Unis non plus", a-t-il ajouté. Selon M. Santos, si les autorités de l'Etat de Rio et celles de toutes ses municipalités conjuguent leurs efforts, le nombre de lits en soins intensifs pourrait être porté à 3.400. Mais au-delà, même si davantage de lits peuvent être installés, il y aura un manque de personnel médical qualifié.

