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Sport - Football

La Lazio entre rêve de titre et vieux cauchemar

Le onze de départ de la Lazio. Le club de foot romain craint, si la saison ne va pas à son terme en raison de la pandémie de Covid-19, d’être dépossédé d’un scudetto à sa portée, comme en 1915 après une saison interrompue par le déclenchement de la Première Guerre mondiale (titre alors attribué au Genoa). Photo tirée du site officiel de la Lazio

Avec son président prêt à se faire virologue et vantant l’histoire romaine « faite de pain et de jeux », la Lazio Rome s’acharne à faire reprendre le championnat d’Italie de football malgré le Covid-19. En jeu : un scudetto (écusson de champion) et la peur de revivre un cauchemar vieux de 105 ans.

Claudio Lotito l’assure, s’il veut à ce point redémarrer le football italien, c’est presque contre son intérêt, la Lazio étant 2e de la Serie A à 1 point de la Juventus Turin. « Si on arrête, ça m’arrange. Je suis en Ligue des champions et j’économise quatre mois de salaire. Mais je raisonne pour le système. Nous risquons des dégâts irréparables, des centaines et des centaines de millions d’euros » de pertes, a-t-il prophétisé mercredi, 48 heures avant une réunion cruciale de la Ligue, prévue aujourd’hui. De son côté, le ministre italien des Sports a clairement suggéré à la Serie A de suivre l’exemple français et de tirer le rideau sur la saison 2019-2020.

Depuis des semaines, le très influent dirigeant de la Lazio rappelle à l’envi le chiffre d’affaires du secteur football, sa contribution fiscale, les dizaines de milliers d’emplois qui en dépendent. Selon lui, de nombreux clubs professionnels, de la Serie A à la Serie C, risquent la faillite en cas d’arrêt, ce qui est probablement exact. Mais ses adversaires – ils sont nombreux – savent aussi que la Lazio est l’un des derniers clubs à avoir encore quelque chose à gagner dans cette terrible saison interrompue par la pandémie de Covid-19. Invaincu depuis le mois de septembre 2019 et la 5e journée du championnat, le club de la capitale restait avant l’interruption de la compétition, le 10 mars, sur une superbe série de huit victoires et un match nul.

Petit malin

Que la saison reprenne ou pas, les Romains sont à peu près certains d’aller en Ligue des champions. Mais ils espéraient plus : le scudetto, une rareté dans l’histoire du club, sacré seulement deux fois, en 2000 et en 1974 au bout d’une saison menacée par… une épidémie de choléra.

Alors, Lotito n’a jamais baissé les bras. Pendant qu’à la Juventus ou à l’Inter Milan la plupart des joueurs étrangers quittaient l’Italie, les siens restaient tous à Rome, qu’ils soient italiens, brésiliens ou argentins. Et le président romain a été le dernier à renoncer fin mars à la reprise des entraînements, s’attirant les critiques de certains homologues qui le qualifiaient alors de « petit malin ». Car, longtemps, son activisme a pu agacer, en témoigne cet échange avec son homologue de la Juventus, Andrea Agnelli, rapporté par le quotidien sportif Tuttosport et jamais démenti par les intéressés. « Vous avez vu les chiffres ? Oh, ça baisse ! Mais moi je parle avec des médecins qui s’y connaissent, qui sont en première ligne, pas avec ceux des équipes », lançait Lotito. « Ah oui, bien sûr. Et puis tu es devenu virologue », répondait Agnelli, alors classé parmi les sceptiques mais depuis rallié à la cause.

Lotito, propriétaire de deux entreprises de nettoyage employées dans les hôpitaux romains de Tor Vergata et Spallanzani, où sont installés des malades du Covid-19, a aussi rappelé « l’immense importance sociale du football », ajoutant que « l’histoire des Romains (était) faite de pain et de jeux ».

Le traumatisme de 1915

Et entre deux interventions personnelles, il a envoyé en première ligne ses proches collaborateurs, son porte-parole Arturo Diaconale ou le directeur sportif du club, Igli Tare. Ce dernier a parlé de footballeurs « discriminés » par la récente décision gouvernementale de ne pas autoriser les entraînements individuels dans les sports collectifs. « Il faut respecter les morts et les tifosi, mais même si nous vivons un film d’horreur, le championnat doit reprendre. Annuler la saison serait injuste », a déclaré le dirigeant albanais.

Diaconale, lui, fait feu de tout bois sur sa page Facebook et fustige « l’hypocrisie de ceux qui veulent bloquer la reprise », « les ministres démagogues » et « les dirigeants irresponsables ». Surtout, il est celui qui remémore « la peur antique », le traumatisme du scudetto de 1915. Depuis des années, le club et des avocats-tifosi multiplient en effet démarches et pétitions pour que la Fédération italienne accorde à la Lazio, au moins ex aequo, ce titre attribué au Genoa après une saison interrompue par le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Cent cinq ans après, Diaconale redoute que « comme alors, l’interruption soit l’occasion de nier à la Lazio la reconnaissance d’un titre conquis sur le terrain ».

Stanislas TOUCHOT/AFP

Pochettino veut revenir à Tottenham

Donné par la presse comme cible principale du club Newcastle United en cas de succès du rachat par un fonds d’investissement saoudien, l’entraîneur argentin Mauricio Pochettino a indiqué hier qu’il rêvait d’un retour à Tottenham, qui l’a limogé en novembre dernier. « Cela a été une aventure incroyable qui s’est terminée comme personne ne souhaitait qu’elle se termine », a-t-il expliqué dans un entretien à la chaîne de télévision BT Sport, au sujet de ses cinq ans et quelques sur le banc du Hotspur. « Mais au plus profond de mon cœur, je suis sûr que nos chemins se recroiseront. Dès le jour où j’ai quitté le club, mon rêve a été d’y revenir un jour et d’essayer de finir le travail qu’on n’a pas réussi à finir. On a été si près de remporter la Premier League et la Ligue des champions », a-t-il souligné. Arrivé de Southampton en 2014, Pochettino avait emmené les Spurs en finale de la Ligue des champions en 2019, et en 2017, Tottenham avait terminé 2e du championnat d’Angleterre, 7 points derrière le rival Chelsea. « Ce sera peut-être dans cinq ans, peut-être dans dix ans, mais avant de mourir, je veux entraîner Tottenham », a conclu le technicien âgé de 48 ans.

Avec son président prêt à se faire virologue et vantant l’histoire romaine « faite de pain et de jeux », la Lazio Rome s’acharne à faire reprendre le championnat d’Italie de football malgré le Covid-19. En jeu : un scudetto (écusson de champion) et la peur de revivre un cauchemar vieux de 105 ans.Claudio Lotito l’assure, s’il veut à ce point redémarrer le football italien, c’est presque contre son intérêt, la Lazio étant 2e de la Serie A à 1 point de la Juventus Turin. « Si on arrête, ça m’arrange. Je suis en Ligue des champions et j’économise quatre mois de salaire. Mais je raisonne pour le système. Nous risquons des dégâts irréparables, des centaines et des centaines de millions d’euros » de pertes, a-t-il prophétisé mercredi, 48 heures avant une réunion cruciale de...
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