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Liban

N. Machnouk : Le gouvernement prépare un plan malveillant pour se venger

Le député et ancien ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk. Photo d'archives ANI

Le député et ancien ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a accusé jeudi le gouvernement de Hassane Diab de "préparer un plan malveillant pour se venger" sur le plan politique contre ses adversaires, sous prétexte, selon lui, de lutte contre la corruption.

"Le gouvernement prépare un plan malveillant et policier pour se venger sur le plan politique, sous prétexte de réformes et de reddition de comptes de la part des corrompus, et ce, en demandant à un service de sécurité proche du parti du mandat (le Courant patriotique libre fondé par le président de la République, Michel Aoun, ndlr) de rédiger les rapports et de décider qui est corrompu et qui ne l'est pas (...)", a affirmé M. Machnouk.

Le député a estimé qu'il n'y a "pas de solution sans un accord avec le Fonds monétaire international, ce que cherche à éviter le gouvernement, car le FMI refuse d'octroyer à l'Iran un prêt de 5 milliards de dollars pour lutter contre le coronavirus", sous-entendant ainsi que le cabinet serait étroitement lié au Hezbollah, proche allié de l'Iran.

Le gouvernement libanais a adopté à l'unanimité jeudi, en ce "jour historique", selon le président Michel Aoun, son plan de réformes très attendu visant à redresser le pays qui traverse la pire crise économique et financière depuis 30 ans, dans un contexte de regain de la contestation populaire émaillé de violences ces derniers jours. Selon des informations de notre correspondante à Baabda, Hoda Chedid, le cabinet n'a finalement pas statué sur la question de la libéralisation du taux de change de la livre qui a augmenté de 200% par rapport au dollar. Ce plan est très attendu par la communauté internationale qui réclame des autorités libanaises des réformes structurelles avant d'aider et de soutenir financièrement le pays.

L'adoption de ce plan intervient alors que la contestation populaire connaît un second souffle ces derniers jours. Le naufrage économique du pays a été l'un des éléments déclencheurs, le 17 octobre dernier, d'un mouvement de contestation inédit contre la classe politique, accusée de corruption et d'incompétence, qui avait poussé le gouvernement de Saad Hariri à la démission. Toutefois, le nouveau cabinet Diab n'a pas réussi à apaiser la colère de la rue, mise sous l'éteignoir en raison des mesures de confinement mises en place pour enrayer la propagation du coronavirus sur le territoire. Ces derniers jours, les manifestations ont viré aux affrontements violents avec l'armée et les forces de l'ordre, notamment à Tripoli et Saïda, deux bastions sunnites. 

"Les sunnites au Liban vivent dans la misère, et s'ils explosent, que Dieu préserve le modèle libanais", a lancé M. Machnouk. Selon lui, "les causes de cette misère sont politiques, et désormais, le facteur de la faim s'y ajoute, sachant que la faim touche tous les Libanais à présent", a-t-il expliqué. Pour le député, "la façon dont le gouvernement (de Hassane Diab) a été formé a aggravé la misère des sunnites, surtout en sachant que le Premier ministre critique quotidiennement la période politique passée sous ses prédécesseurs, sans apporter du nouveau. Mais le chef du gouvernement a encore une chance pour organiser le chaos dans lequel nous vivons".

Nohad Machnouk a estimé que les propos de Hassane Diab sur "des éléments infiltrés" et des "agendas étrangers et occidentaux" qui pèsent sur les manifestations de ces derniers jours "rappellent les propos des régimes dictatoriaux". "Si vous avez des informations solides, rendez-les publiques et transmettez-les aux gens", a insisté le député. Hier, Hassane Diab avait estimé que certaines parties veulent la sédition entre l'armée et le peuple. Le Premier ministre avait toutefois refusé de nommer ces parties, affirmant cependant avoir des "rapports complets sur ceux qui incitent aux émeutes".

Enfin, Nohad Machnouk a affirmé que "le petit maître de Hassane Diab est Gebran Bassil", le chef du Courant patriotique libre. La semaine dernière, l'ancien ministre ainsi que plusieurs figures sunnites hostiles au gouvernement Diab avaient critiqué le cabinet. Le député avait estimé que "Hassane Diab conduit mal son véhicule et va se heurter au mur".


Le député et ancien ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a accusé jeudi le gouvernement de Hassane Diab de "préparer un plan malveillant pour se venger" sur le plan politique contre ses adversaires, sous prétexte, selon lui, de lutte contre la corruption.

"Le gouvernement prépare un plan malveillant et policier pour se venger sur le plan politique, sous prétexte de...