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Liban : les agents de change appelés à la grève jusqu'à lundi

Un client échangeant des livres libanaises contre des dollars américains, dans un bureau de change de Beyrouth, le 3 avril 2020. Photo REUTERS/Mohamed Azakir

Le syndicat des agents de change du Liban a appelé ses membres à suspendre temporairement leurs activités professionnelles jusqu'à lundi, alors que la livre libanaise s'échange entre 3 650 et 3 700 livres pour un dollar sur le marché secondaire. 

Dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi, le syndicat exprime l'espoir d'une "intervention" des autorités politiques, judiciaires et sécuritaires pour "faire taire les imposteurs, qui prétendent être des changeurs, et mettre un terme à tous les facteurs menant à la dégringolade du taux de change". Le syndicat estime que les "changeurs agréés sont autant victimes de la chute du cours de la livre que les citoyens", dénonçant "les rumeurs lancées par certaines plateformes électroniques erronées" concernant le taux de change. 

Il invite donc ses membres à "une suspension du travail, en signe de protestation, jusqu'à lundi", indiquant que cela "pourrait permettre de freiner" l'évolution rapide du taux de change. 

La livre libanaise poursuivait ces derniers jours sa chute vertigineuse sur le marché secondaire, creusant encore plus l’écart avec la parité officielle de 1 507,5 livres pour un dollar.

Ce décrochage intervient alors que la Banque du Liban (BDL) vient de publier plusieurs circulaires qui posent, sans l’expliciter, les bases d’un nouveau régime de change. Deux de ces textes (circulaires principales n° 148 et 151) permettent aux déposants de retirer tout ou partie de leurs dépôts en dollars de leur compte en banque, en livres et au taux du marché, et un troisième (n° 149) institue une unité chargée de fixer un taux de change applicable pour ces transactions. Un quatrième texte publié par la BDL pourrait avoir contribué à faire chuter la livre aussi brusquement cette semaine : la circulaire n° 551  autorise en effet les agences spécialisées dans les transferts d’argent à payer les montants envoyés à leurs clients au Liban en livres, peu importe la devise dans laquelle ils ont été initialement effectués.

L’évolution du taux de change et la mise en place de restrictions bancaires ont provoqué un regain du mouvement de contestation qui s’était mobilisé contre la classe politique depuis le 17 octobre dernier. Ce mouvement avait été mis en veille avec la mise en place de l’état d’urgence sanitaire pour lutter contre le coronavirus, le 15 mars.

Le syndicat des agents de change du Liban a appelé ses membres à suspendre temporairement leurs activités professionnelles jusqu'à lundi, alors que la livre libanaise s'échange entre 3 650 et 3 700 livres pour un dollar sur le marché secondaire.  Dans un communiqué publié dans la nuit de jeudi à vendredi, le syndicat exprime l'espoir d'une "intervention" des autorités politiques, judiciaires et sécuritaires pour "faire taire les imposteurs, qui prétendent être des changeurs, et mettre un terme à tous les facteurs menant à la dégringolade du taux de change". Le syndicat estime que les "changeurs agréés sont autant victimes de la chute du cours de la livre que les citoyens", dénonçant "les rumeurs lancées par certaines plateformes électroniques erronées" concernant le taux de change. Il invite donc ses...