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Sport - Football

La Bundesliga doit se prononcer sur une reprise

Camp Nou, à Barcelone, lors du clásico Barça-Real du 6 mai 2018. En Espagne, c’est le ministre de la Santé qui déterminera la date de la reprise du championnat de football. Pau Barrena/AFP

Redémarrer le football allemand dès le 9 mai à huis clos ? Les clubs professionnels pourraient donner leur feu vert aujourd’hui et faire de la Bundesliga le premier championnat majeur en Europe à franchir le pas malgré les incertitudes liées au nouveau coronavirus.

L’enjeu financier est colossal : si le championnat, interrompu le 13 mars, est bouclé le 30 juin, le versement de droits télévisés d’une valeur estimée à environ 300 millions d’euros sera débloqué. La décision de disputer les neuf journées restantes pourrait être prise aujourd’hui donc, lors d’une réunion par visioconférence entre des représentants des 36 clubs de 1re et 2e divisions. Deux des principaux dirigeants des Länder allemands, les conservateurs Armin Laschet et Markus Söder, ont en partie vendu la mèche lundi soir en donnant la date du 9 mai pour une reprise des matches sans public. « Un week-end avec du football est beaucoup plus supportable qu’un week-end sans football », a fait valoir M. Söder, dirigeant de la Bavière qui abrite le Bayern Munich, club le plus titré du pays. « Il n’y aura plus de matches avec des spectateurs cette saison », a toutefois prévenu M. Laschet, qui dirige la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, le Land qui compte pas moins de sept clubs en Bundesliga, dont Dortmund et Mönchengladbach.

Si l’Allemagne est moins déstabilisée que certains voisins européens par la pandémie, les grands rassemblements populaires restent interdits au moins jusqu’au 31 août. Mais « avec des précautions, les matches à huis clos sont certainement à nouveau possibles », a estimé mardi le ministre de la Santé, Jens Spahn. « Pour des millions de fans de football, ce serait alors un retour à la normale à partir du 9 mai, même si c’est dans un stade vide », a-t-il ajouté. Cette possible reprise a également reçu un accueil positif des grosses cylindrées du championnat, du Bayern (1er au classement avant l’interruption) à Dortmund, en passant par le RB Leipzig. Leurs joueurs ont retrouvé par petits groupes ces dernières semaines le chemin de l’entraînement. « Tant que les règles pourront être respectées, les joueurs joueront, en quarantaine s’il le faut », a plaisanté Thomas Müller, vedette du Bayern.

Les clubs et la Ligue allemande (DFL) sont invités à prendre des mesures sanitaires pour éviter toute contagion entre joueurs ou avec les dizaines de personnes présentes dans le stade lors d’une rencontre à huis clos. Un groupe de travail, présidé par le médecin de la sélection allemande Tim Meyer, doit faire des propositions. La DFL promet notamment que les joueurs et les membres des encadrements soient testés tous les trois jours. Elle évalue à 20 000 le nombre de tests nécessaires pour s’assurer que les rencontres à venir soient sans risques. Mais même si l’Allemagne dispose de capacités de tests supérieures à ses voisins européens, une telle utilisation est loin de faire l’unanimité, en particulier dans le milieu médical. « Je pense que les tests devraient être utilisés là où cela a un sens médical », a ainsi déclaré Lars Schaade, le vice-président de l’Institut Robert Koch, chargé de la veille épidémiologique. « Je ne vois pas pourquoi certains groupes de population devraient être soumis à un dépistage systématique », a-t-il regretté.

La DFL met, elle, l’accent sur la nécessité de reprendre le jeu, même à huis clos, pour toucher la manne des droits TV, une question de survie, selon elle, pour nombre de clubs. Toutefois, certains supporteurs à travers le pays désapprouvent ce scénario. L’influente association de supporteurs Unsere Kurve et des groupes d’ultras plaident pour un arrêt définitif de la saison, plutôt que des rencontres sans public. Le groupe de supporteurs Fanszenen Deutschlands voit même dans une reprise « une injure au reste de la société (...), en particulier aux personnels soignants ». Et le syndicat des policiers s’est inquiété du risque de voir les supporteurs se rassembler près des stades pour encourager leurs équipes malgré l’interdiction de rassemblement.

Espagne, Pays-Bas et Belgique

Parallèlement, en Espagne, le ministre de la Culture et des Sports, José Manuel Rodríguez Uribes, a prévenu que la reprise du sport de compétition dans le pays, notamment du championnat de football, serait déterminée par son homologue de la Santé. Et alors que les clubs de la LaLiga (1re div.) espèrent un retour à l’entraînement à partir du 4 mai, le ministre s’est refusé à confirmer cette date.

D’autre part, le championnat des Pays-Bas ne devrait pas aller à son terme à la suite de la décision du gouvernement néerlandais d’interdire les événements publics jusqu’au 1er septembre, selon un communiqué de la Fédération néerlandaise de football (KNVB). Alors que l’UEFA pousse pour que les championnats aillent à leur terme, la KNVB a annoncé que « la commission du football professionnel avait l’intention de ne pas continuer à jouer la compétition 2019-2020 ». « La KNVB consultera l’UEFA, après quoi une décision sera prise », a fait savoir la fédération, précisant que les clubs et les parties concernées se réuniront à ce sujet demain vendredi. Si cette décision est entérinée demain, les Pays-Bas deviendraient le premier championnat de premier plan à jeter l’éponge. La Belgique, qui doit prendre une décision lundi prochain en fonction des annonces du gouvernement, pourrait suivre dans la foulée.

L’UEFA, qui a émis mardi une « forte recommandation » en vue d’achever les compétitions nationales, a laissé à ses fédérations membres jusqu’au 3 août pour terminer les compétitions nationales, mais « certains cas spéciaux seront étudiés une fois que des lignes directrices concernant la participation aux compétitions européennes pour les championnats annulés auront été développées », a indiqué l’instance européenne.

Source : AFP

Redémarrer le football allemand dès le 9 mai à huis clos ? Les clubs professionnels pourraient donner leur feu vert aujourd’hui et faire de la Bundesliga le premier championnat majeur en Europe à franchir le pas malgré les incertitudes liées au nouveau coronavirus.L’enjeu financier est colossal : si le championnat, interrompu le 13 mars, est bouclé le 30 juin, le versement de droits télévisés d’une valeur estimée à environ 300 millions d’euros sera débloqué. La décision de disputer les neuf journées restantes pourrait être prise aujourd’hui donc, lors d’une réunion par visioconférence entre des représentants des 36 clubs de 1re et 2e divisions. Deux des principaux dirigeants des Länder allemands, les conservateurs Armin Laschet et Markus Söder, ont en partie vendu la mèche lundi soir en donnant la...
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