Des combinaisons de protection prêtes à l'emploi dans une clinique privée de Madrid, le 17 avril 2020. Photo AFP / PIERRE-PHILIPPE MARCOU
Le nombre de morts du nouveau coronavirus a dépassé la barre des 20.000 en Espagne, pays soumis à un confinement des plus stricts depuis cinq semaines, a annoncé samedi le ministère de la Santé.
Depuis le début de l'épidémie, 20.043 personnes ont succombé à la maladie dans le troisième pays le plus endeuillé du monde derrière les Etats-Unis et l'Italie.
En 24 heures, le nombre de morts s'est élevé à 565, une légère baisse par rapport aux 585 notifiés vendredi et loin du record de morts en un jour enregistré le 2 avril.
Le nombre de cas confirmés s'élève au total à 191.726, après un ralentissement de la progression ces derniers jours malgré un plus grand nombre de tests pratiqués, tandis que le nombre de personnes guéries s'élève à près de 75.000.
Le bilan national de la pandémie -qui n'inclut que les personnes testées positives au nouveau coronavirus- est cependant de plus en plus contesté par certaines régions selon lesquelles des milliers de personnes supplémentaires sont mortes après avoir présenté des symptômes de la maladie mais sans avoir pu être testées, faute de tests disponibles.
La Catalogne (nord-est), évoque notamment le chiffre de plus de 7.800 morts alors que le bilan national pour cette région est de plus de 3.800 samedi.
Grâce au confinement, "le niveau de transmission actuel (du virus) est beaucoup plus bas", a souligné Fernando Simon, le directeur du centre d'urgences sanitaires lors de son point presse quotidien.
L'Espagne est soumise depuis le 14 mars à un des confinements des plus stricts qui autorise les sorties, seul, uniquement pour aller travailler si le télétravail n'est pas possible, acheter à manger, aller à la pharmacie, se faire soigner ou sortir rapidement son chien.
Ce confinement doit durer jusqu'au 25 avril inclus mais le gouvernement a déjà annoncé qu'il devrait encore être prolongé même s'il sera certainement assoupli.
"Les mesures de contrôle doivent être prolongées" mais "peuvent être adaptées", a indiqué M. Simon, alors que les appels se font de plus en plus pressants en particulier pour laisser sortir les enfants, enfermés chez eux depuis mi-mars.
Si le pic de l'épidémie a été passé, les autorités mettent en garde contre tout relâchement et ont déjà averti que le retour à la normale serait extrêmement progressif.
Le gouvernement a laissé entendre que la reprise de l'activité dans certains secteurs économiques pourraient ne pas avoir lieu avant la fin de l'année. Une grande interrogation pèse en particulier sur la reprise du tourisme pour la saison estivale.
Le maire de Madrid, José Luis Martínez-Almeida, a déclaré samedi sur la radio Onda Cero qu'aucun "rassemblement de masse" comme des concerts ou des rencontres sportives n'aurait lieu en Espagne "cet été". Et qu'en automne, toute reprise devrait être "analysée avec une grande prudence".

