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Sport - Cyclisme

Un Tour de France à huis clos ?

Le peloton pris par le vertige de l’inconnu.

Comme la majorité des disciplines sportives, le cyclisme est presque totalement à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre. Heinz-Peter Bader/Reuters

La ministre française des Sports, Roxana Maracineanu, a estimé « imaginable » d’organiser le Tour de France cycliste 2020 sans spectateurs en raison de la pandémie de Covid-19. « Tout est imaginable, on l’a déjà fait pour d’autres compétitions avant, ça n’a pas le même impact, même si le modèle économique du Tour de France ne repose pas sur de la billetterie comme c’est le cas pour des matches de football et de rugby », a affirmé la ministre, interrogée par la radio France Bleu sur l’éventualité d’une Grande Boucle à huis clos. Le gouvernement est en discussions avec ASO, l’organisateur, sur le sort réservé au plus prestigieux des grands tours, après le report d’un an des Jeux olympiques et de l’Euro de football et alors que le sport, y compris le cyclisme, est presque totalement à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre. Depuis sa création en 1903, le Tour, devenu un phénomène de société autant que sportif, n’a été arrêté que par les deux guerres mondiales.

En attendant, le vertige de l’inconnu ébranle le peloton, mis à l’arrêt forcé et privé de l’habituel compte à rebours qui le sépare de la reprise. « Pour les coureurs, le vrai souci est l’absence de visibilité », résume Cédric Vasseur, ancien maillot jaune du Tour devenu le patron de l’équipe Cofidis. Bien plus que le fait de ne pouvoir rouler sur la route, « une décision légitime », ajoute-t-il. La situation est contrastée à l’intérieur des équipes de l’élite dont les effectifs comportent tous plusieurs nationalités. Dans sa formation Groupama-FDJ, Marc Madiot a notamment un Suédois et un Lituanien (« Ils peuvent encore rouler », dit-il), mais aussi un Australien installé en Espagne et donc bloqué à son domicile. Tout comme les nombreux coureurs résidant en Andorre, Julian Alaphilippe par exemple.

« On attend la fin du confinement », décrit Alaphilippe, qui s’adapte et passe par la case home-trainer. Mais, ajoute-t-il, « c’est difficile de s’entraîner, on a besoin d’un objectif, d’un but ». « Tant qu’on n’aura pas le droit d’aller sur la route et qu’on est confiné chez nous, comme c’est absolument nécessaire actuellement, c’est compliqué de penser à construire une forme physique durable et de se préparer pour les grands événements », confirme Romain Bardet. « On a programmé une période de semi-repos », explique son patron Vincent Lavenu, qui détaille le dispositif : « On va reprendre des entraînements collectifs la semaine prochaine à partir d’une plate-forme, sur des home-trainers connectés. Nous avons quatre entraîneurs dans l’équipe et chaque coureur aura son programme établi par son référent. Cela ne remplace pas les sorties, mais on essaye de s’adapter. »

L’exception est venue du Belge Oliver Naesen, qui a effectué une spectaculaire sortie de... 365 kilomètres la semaine passée, en compagnie d’un spécialiste des épreuves de longue distance. Une sortie autorisée dans son pays, d’une douzaine d’heures à plus de 30 km/h, qui lui a permis surtout d’évacuer sa frustration. « Il fallait me vider la tête, a avoué Naesen. La période est difficile pour tout le monde. » « Le plus dur, c’est de ne pas savoir quand ça va reprendre, soupire Marc Madiot. On a besoin, sportif ou non, d’un compte à rebours. Et là, pour l’instant, c’est impossible. »

Source : AFP

La ministre française des Sports, Roxana Maracineanu, a estimé « imaginable » d’organiser le Tour de France cycliste 2020 sans spectateurs en raison de la pandémie de Covid-19. « Tout est imaginable, on l’a déjà fait pour d’autres compétitions avant, ça n’a pas le même impact, même si le modèle économique du Tour de France ne repose pas sur de la billetterie comme c’est le cas pour des matches de football et de rugby », a affirmé la ministre, interrogée par la radio France Bleu sur l’éventualité d’une Grande Boucle à huis clos. Le gouvernement est en discussions avec ASO, l’organisateur, sur le sort réservé au plus prestigieux des grands tours, après le report d’un an des Jeux olympiques et de l’Euro de football et alors que le sport, y compris le cyclisme, est presque...
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