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Sport - Football

Faute de recettes, les clubs européens menacés de faillite

Le championnat allemand se poursuit avec le Bundesliga Home Challenge (e-Sport), aujourd’hui et demain, sur YouTube.

À cause de la pandémie de Covid-19, les stades de football sont désertés, comme ici le stade Azteca de la ville de Mexico. Alfredo Estrella/AFP

Faillite Football Club… Soudain privés de revenus par l’interruption des compétitions à cause de la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), de nombreux clubs européens voient s’épuiser leur trésorerie à court terme, une situation intenable. Et c’est tout l’écosystème du sport le plus populaire au monde qui est menacé. Si les mastodontes comme le Bayern Munich ou le FC Barcelone admettent avoir quelques réserves, les clubs professionnels n’ont, dans leur immense majorité, que très peu de temps devant eux.

« Cette situation est clairement intenable, témoigne le président du club écossais d’Aberdeen, Dave Cormack. Aucun club, quels que soient sa taille ou son niveau d’investissement, ne peut supporter une absence totale de revenus pendant une période qui pourrait aller de 3 à 6 mois. » Même le président de la toute-puissante Ligue allemande, organisatrice de la Bundesliga qui génère plus de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, sent venir la catastrophe : « Si on ne joue pas à huis clos dès que possible, ce n’est plus la peine de se demander si on fait un championnat à 18 ou à 20 clubs, parce que nous n’aurons même plus 20 clubs professionnels », avertit Christian Seifert. « Si nous restons deux mois sans jouer, nous pouvons redresser la situation », tempère pour sa part le président du syndicat des clubs de la Ligue 1 française, Bernard Caïazzo. « Si c’est quatre mois, mais que nous terminons nos compétitions domestiques et européennes, les clubs peuvent s’en sortir à condition que la saison prochaine se termine dans les délais », ajoute-t-il.

Chômage partiel

Pas de matches signifie pas de droits télé et pas de recettes au guichet : les deux principales sources de revenus des grands championnats se sont soudain taries. Partout, les sommes en jeu sont colossales. En Angleterre, si la saison ne reprend pas, les clubs de Premier League devront collectivement rembourser 762 millions de livres (815 millions d’euros) aux diffuseurs BT Sports et SkySports. En Italie et en Allemagne, les experts ont évalué les pertes totales (droits TV plus billetterie) à plus de 700 millions d’euros, et jusqu’à 400 millions d’euros en France, toujours en cas d’arrêt total de la saison. En Espagne, la LaLiga a estimé à environ 700 millions d’euros les pertes possibles en cas de non-reprise de la saison, dont 500 millions d’euros pour les seuls droits TV.

D’où l’insistance de toutes les Ligues à vouloir reprendre à huis clos dès que possible, pour au moins récupérer les droits des diffuseurs : « Notre priorité numéro un doit être de disputer les matches qui restent à jouer et de finir la saison, même sans spectateurs », reconnaît le responsable marketing du club allemand de Schalke, Alexander Jobst. Car les clubs, Covid-19 ou pas, doivent continuer à payer les salaires, leur plus gros poste de dépense. En France, plusieurs ont déjà recouru au chômage partiel (Lyon, Marseille, Monaco, etc.), alors qu’en Bundesliga, les joueurs ont souvent proposé spontanément de renoncer à une partie de leurs salaires (Mönchengladbach, Bayern Munich et Dortmund notamment). À Barcelone, un accord a été trouvé entre les représentants du vestiaire (Sergio Busquets, Lionel Messi et Gerard Piqué) et la direction pour réduire les salaires sans passer par un plan de chômage provisoire, qui affecterait tous les employés du club.

Au niveau national, la LaLiga envisage de réduire les salaires des joueurs de 20 % en cas d’annulation pure et simple de la fin de saison. Et la Fédération espagnole de football a annoncé le déblocage de 500 millions d’euros d’aides remboursables pour venir en aide aux clubs professionnels de 1re et de 2e divisions. En Premier League anglaise, là où les salaires sont les plus élevés, rien ne se fera sans l’accord des joueurs, protégés par des contrats en béton. Et le syndicat des joueurs (PFA) s’est seulement montré ouvert à des « reports de salaires » jusqu’à présent.

Effondrement du système

Les pistes pour éviter un effondrement du système ne sont pas légion. Les Italiens envisagent une taxe supplémentaire sur les sociétés de paris et les Allemands parlent d’assouplir les règles du contrôle de gestion qui permettent l’attribution des licences aux clubs en début de saison.

Mais pour l’heure, c’est surtout la date de reprise qui conditionne l’avenir du football. Si la saison 2019-2020 peut aller à son terme d’ici à l’été, les dégâts seront limités. S’il faut en revanche attendre août – ou plus tard – pour rejouer, le paysage européen pourrait s’en trouver totalement bouleversé, avec de nouveaux rapports de force impossibles à prévoir entre clubs ruinés et clubs « survivants ».

En attendant, la Ligue allemande de football (DFL) a lancé pour les deux prochaines semaines un tournoi d’e-Sport en ligne entre clubs de Bundesliga, chaque équipe devant être composée d’un joueur professionnel et d’un personnel du club. Vingt-six des 36 clubs de 1re et 2e divisions se sont inscrits à ce Bundesliga Home Challenge, qui débutera aujourd’hui sur le jeu vidéo FIFA 20. Cette compétition n’est pas liée à la Bundesliga virtuelle (VBL), une compétition d’e-football organisée depuis 2012 par la ligue, avec des équipes dédiées et entretenues par les clubs, et qui est actuellement à l’arrêt en raison des restrictions liées au Covid-19. La finale de VBL aurait dû se disputer ce week-end, mais elle a été repoussée. Les fans pourront suivre les rencontres de Bundesliga Home Challenge aujourd’hui et demain sur le canal YouTube habituel de la VBL.

Source : AFP

Faillite Football Club… Soudain privés de revenus par l’interruption des compétitions à cause de la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19), de nombreux clubs européens voient s’épuiser leur trésorerie à court terme, une situation intenable. Et c’est tout l’écosystème du sport le plus populaire au monde qui est menacé. Si les mastodontes comme le Bayern Munich ou le FC Barcelone admettent avoir quelques réserves, les clubs professionnels n’ont, dans leur immense majorité, que très peu de temps devant eux.« Cette situation est clairement intenable, témoigne le président du club écossais d’Aberdeen, Dave Cormack. Aucun club, quels que soient sa taille ou son niveau d’investissement, ne peut supporter une absence totale de revenus pendant une période qui pourrait aller de 3 à 6 mois. » Même...
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