Le siège flambant neuf du CIO à Lausanne, sur les bords du lac Léman, en Suisse. Denis Balibouse/Reuters
Le monde entier, paralysé par la pandémie du nouveau coronavirus, a les yeux braqués sur le Comité international olympique (CIO), dans l’attente d’une décision sur le sort des Jeux olympiques (JO) de Tokyo, événement sportif majeur de l’année 2020 et l’un des derniers à n’avoir pas encore été rayé du calendrier.
Le CIO, lui, se calfeutre. À Lausanne (Suisse), sur la porte vitrée de son siège flambant neuf, érigé au bord du lac Léman, une petite affiche : « La Maison olympique est fermée ». Depuis vendredi dernier, les quelque 600 employés restent chez eux, « conformément aux recommandations des autorités sanitaires », explique l’instance. Et ils continuent à œuvrer à la préparation des JO de Tokyo, par télétravail. Le président allemand du CIO, Thomas Bach, est l’un des rares encore présents au siège, entouré du directeur général, le Belge Christophe De Kepper, et de quelques directeurs. « Seul le président est présent et quelques directeurs, dans des bureaux séparés », confie ainsi une source proche de la direction de l’instance. Depuis mardi, M. Bach enchaîne les réunions téléphoniques avec les fédérations internationales, les Comités nationaux olympiques (CNO) et les représentants des sportifs, répétant inlassablement son message : le CIO est « déterminé à œuvrer pour le succès des JO de Tokyo ». « Tout le monde réalise que nous avons encore quatre mois devant nous », avant les JO, a encore expliqué mercredi soir M. Bach, après sa réunion avec des représentants des athlètes du monde entier.
Mardi, le CIO a demandé aux fédérations internationales de lui fournir pour la fin mars des propositions pour finaliser leur programme de qualifications, alors que seuls 57 % des sportifs sont qualifiés. Selon certaines sources, aucune des 28 fédérations représentées aux JO d’été n’a demandé au patron du CIO s’il envisageait un report des Jeux de Tokyo, prévus du 24 juillet au 9 août. « Nous sommes très optimistes sur la tenue des Jeux olympiques de Tokyo aux dates prévues », a déclaré hier le Serbe Nenad Lalovic, président de la Fédération internationale de lutte (FILA) et influent membre de la commission exécutive du CIO. Désormais seul dans son bureau du siège de la fédération à Corsier-sur-Vevey (Suisse), M. Lalovic « organise des consultations téléphoniques avec les fédérations membres », en vue de soumettre au CIO « à la fin du mois » un plan pour boucler le programme de qualifications, alors que seuls « 45 % des lutteurs » ont aujourd’hui en poche leur sésame pour Tokyo. « On va reporter tous les tournois de qualification en juin », ajoute celui qui a sauvé la place de la lutte dans le programme olympique.
Mais face aux inquiétudes grandissantes des sportifs, combien de temps le CIO pourra-t-il tenir ? La seule journée de mardi a vu le report de l’Euro et de la Copa America de football, du tournoi de tennis de Roland-Garros ou encore de la classique cycliste Paris-Roubaix. « Il n’est pas nécessaire de prendre des décisions radicales », a assuré mercredi un porte-parole du CIO, ajoutant que « toute spéculation » sur un éventuel report « à ce stade serait contre-productive », encourageant aussi « tous les athlètes à continuer de se préparer pour les JO du mieux qu’ils peuvent ». « Les JO dépassent tout en termes d’organisation, de budget et de prestige, confie un cadre d’une grande fédération. On peut donc comprendre que le CIO se donne du temps pour prendre une décision radicale qui engage aussi l’avenir du sport mondial. »
Hier, lors d’une scène surréaliste dans le stade panathénaïque d’Athènes vide en raison du nouveau coronavirus, la Grèce a transmis la flamme olympique aux organisateurs japonais des JO, qui vont maintenant l’acheminer par avion jusqu’à Tokyo. Mais face à ce que certains qualifient d’obstination, de plus en plus de sportifs appellent isolément à un report, tels les athlètes français Kévin Mayer et Pascal Martino-Lagarde, ou encore la perchiste grecque Katerina Stefanidi. Tout comme le président de la Fédération française de natation, Gilles Sezionale.
Si beaucoup de présidents de fédérations internationales, dont la plupart ont leur siège à Lausanne, suivent la ligne du CIO, en interne le discours est souvent tout autre. « Je suis choqué, confie un cadre d’une grande fédération, sous couvert d’anonymat. Si le CIO décidait de repousser (les JO), au moins tout le monde pourrait se préparer en conséquence plutôt que d’avancer sans savoir où l’on va. » « Si le CIO prétend se soucier de la santé des sportifs, alors qu’il reporte les Jeux, avance un cadre d’une autre fédération. Car en ne prenant aucune décision, il expose les sportifs à un risque majeur. » De son côté, le président de World Athletics – la Fédération internationale d’athlétisme –, Sebastian Coe, a reconnu hier que les JO de Tokyo pourraient être reportés plus tard dans l’année, tout en affirmant qu’il était trop tôt pour prendre une décision définitive. « C’est possible, tout est possible actuellement », a déclaré M. Coe, interrogé par la BBC sur un potentiel report des JO à l’automne. « Je pense que la position que le monde du sport a adoptée, et c’est certainement le sentiment que j’ai eu lors de notre conversation avec le CIO et d’autres fédérations l’autre jour, c’est que personne ne dit que nous irons aux Jeux quoi qu’il arrive », a ajouté le patron de World Athletics. « Mais ce n’est pas une décision qui doit être prise aujourd’hui », a-t-il insisté. Si certaines voix ont évoqué un report des JO d’un an, d’après M. Coe, cela pourrait être problématique. « Cela peut sembler être une proposition facile, mais les fédérations internationales évitent souvent les années olympiques pour organiser leurs championnats du monde », a-t-il expliqué.
Source : AFP


Ce n’est qu’une question de gros sous, le Japon a investi pour l’organisation des JO et il veut récupérer son investissement même au détriment de la vie des gens. Mais les petits cerveaux, réfléchissez un peu, si le virus ne disparaît vous serez tout seuls à vos JO, personne ne viendra et en tous cas il n’y aura pas de transport aérien. Décidément le poisson cru ne semble pas être bénéfique pour les neurones
12 h 01, le 20 mars 2020