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Culture

Amour, amour, quand tu nous tiens...

Saint Valentin

Aujourd’hui vendredi 14 février, on fête l’amour. Et comme ce dernier, le coquin, peut prendre plusieurs visages, les journalistes de la rédaction culturelle déclarent leur flamme à la forme artistique qui fait battre leur cœur. Sans laisser les fleurs et le chocolat en reste, à Dieu ne plaise...

OLJ
14/02/2020

Pour l’amour du chocolat

Photo Bigstock


Le cœur qui bat la chamade, la respiration courte, la tête dans les étoiles, le sucre entre les dents… que c’est bon, le chocolat ! Fondant, croquant, croustillant, épicé, doux, il nous fait craquer sous toutes ses formes. C’est la faute à la phényléthylamine. La phénylé... quoi? Connue comme la molécule de l’amour, elle est présente dans le corps humain mais aussi dans le chocolat à forte concentration de cacao. Son effet sur l’organisme permet de lutter contre la dépression et de garder le moral au plus haut. En amour, il y a toujours de la chimie dans l’air.

Les ingrédients d’un gâteau brownie légèrement craquant sur le dessus, moelleux en dessous et terriblement fondant à l’intérieur ? 200 g de chocolat noir, 200 g de beurre, 80 g de farine, 80 g de sucre, 3 œufs et une pincée de sel. Se déguste avec un café noir, mais là c’est une autre histoire... d’amour.

M.G.H.


Pour l’amour du théâtre

Théâtre du Soleil, 1789. Credit Douglas H Jeffery © Victoria and Albert Museum, London

On peut pressentir ce qu’on aime. Quand on est sensible aux livres, à la musique et à la peinture, le théâtre n’est pas loin pour rentrer dans la mélodie de ce triolisme. Et c’était à Paris, lors des études à la Sorbonne. Un soir, parmi la file d’attente pour le spectacle 1789 d’Ariane Mnouchkine, à la Cartoucherie de Vincennes, la rencontre, la vraie, l’éblouissante, avec le monde des tréteaux a surgi. Pas de sièges capitonnés ou des rideaux rouge cardinal, mais un souffle de liberté et d’inventivité. La Révolution française, incarnation de l’amour pour la liberté, revivait dans un local désaffecté, dans une création collective au travail rigoureux. Pour cette entreprise communautaire sans hiérarchie, costumes, gestuelles, inflexions de voix, répliques, éclairage, aire scénique sont des images gravées à jamais dans la mémoire. Un peuple affranchi et digne est l’essence même de l’amour. Et le Théâtre du Soleil, dans un esprit de contagieuse communication, l’a clamé haut.

Edgar Davidian


Pour l’amour des chansons orientales


Quand il s’agit du patrimoine musical oriental, il est impossible d’évoquer l’amour sans immédiatement penser au Kifak Enta de Feyrouz, que lui a écrit et composé son fils Ziad Rahbani. Non seulement parce que ce titre est d’une beauté renversante, mais aussi et surtout parce qu’il se détache des autres chansons sur le même thème, plus enflammées et traditionnelles, et qu’il explore les relents sentimentaux que provoque la rencontre, post-rupture, avec un vieil amant. Dans un registre différent, mais tout aussi iconique, le Batwannes Bik de Warda est bien plus qu’une simple chanson. C’est un moment, près de quinze minutes, où la chanteuse née en Algérie déploie toutes les nuances de son amour ravageant et, en même temps, toute la palette de ses cordes vocales. Enfin, en ces temps sombres que nous traversons, là où il ne nous reste plus grand-chose pour nous accrocher, on aurait envie de suivre à la lettre les paroles de Quand on n’a que l’amour, initialement écrite par Brel, mais qui s’habillent d’une si belle sensualité orientale, lorsque entonnées par Dalida…

Gilles Khoury


Pour l’amour de la lecture


Tant qu’un livre est fermé, il n’existe pas ! Il faut que les pages se soulèvent, que les yeux se penchent dessus, que le lecteur lui donne vie, réveille cette pensée endormie, le fasse sortir de l’obscurité et, ainsi, voir lui-même la lumière. Des romans, des récits historiques, des essais, des traités, des manuels, de la poésie, pourquoi lit-on ? On peut lire pour acquérir de la connaissance, du savoir. On peut aussi lire pour l’amour des mots, pour s’approprier une histoire, pour dévorer mentalement des images, pour trouver à chaque livre sa résonance particulière. On peut lire simplement pour le plaisir, mais on lit surtout pour se comprendre soi-même, pour se trouver. À lire et relire ? Belle du seigneur (d’Albert Cohen) est plus que roman d’histoire, c’est un roman de personnages, et Solal est l’un des plus grands « emmerdeurs de la littérature ». Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand et son amour impossible qu’il vit par procuration. Et enfin Kais et Layla, l’une des histoires d’amour les plus populaires du monde arabe.

Danny Mallat


Pour l’amour des fleurs

Photo Bigstock

Quelle est la femme qui refuserait un bouquet à la Saint-Valentin ? Personnellement, je n’en connais pas une! Par contre, il en existe qui aimeraient bien recevoir d’autres fleurs que les sempiternelles roses rouges (et je ne parle pas qu’en mon nom). Certes, l’alliage de leurs pétales carmin et de leurs piquantes épines symbolisent parfaitement la passion. Mais au royaume des femmes, les fleurs sont, comme elles, multiples. Alors messieurs, pourquoi ne pas offrir celles qui conviendraient vraiment à l’élue de votre cœur ?

De grandes amaryllis au parfum puissant, par exemple, pour celle qui vous enivre de bonheur. Une brassée de renoncules et d’anémones pour la romantique qui comble votre vie de sa douceur. Ou encore une composition autour du mimosa, des jonquilles et du crocus pour la joyeuse compagne qui ensoleille vos jours.

Bref, dites-le avec des fleurs, spéciales et différentes, comme l’est sans doute votre amoureuse. Toutes les fantaisies sont permises pour la surprendre. Sauf le virtuel bouquet sur WhatsApp ou le cactus, pas vraiment appréciés le jour de la Saint-Valentin.

Zéna Zalzal


Pour l’amour de la (et en) peinture

« Au lit, le baiser » (1892), de Henri de Toulouse-Lautrec.

Ouvrir grand ses yeux, observer, comparer, interpréter, plonger et demeurer le temps d’une visite au musée, d’une découverte in situ du lieu, du monument, de la galerie, c’est cela aimer la peinture. Elle peut être une méditation sur images, une fureur de voir, ou un jeu des formes, elle est surtout une approche directe, physique et sensible. « Donner à voir, c’est donner à vivre », disait Paul Éluard. De l’étreinte amoureuse à l’amour narcissique, de l’érotisme à la frustration sexuelle, de l’impudicité à l’amour fleur bleue, tout a été peint, tout a été dit. Aimer, c’est tout un art. Pierre angulaire de toute existence humaine, personne n’y échappe, et les artistes munis de leurs pinceaux, racontent la passion sous toutes ses formes, dépeignant leurs sentiments tantôt avec pudeur, tantôt avec une exhibition artistique sans pareille. Entre déchirure et union : Le Verrou (1777) de Jean-Honoré Fragonard ; solitude et fusion : Au lit, le baiser (1892) de Henri de Toulouse-Lautrec ou légèreté et humour Untitled (1982) de Keith Haring, l’amour reste un passage obligé.

Danny Mallat


Pour l’amour de la poésie


Langage autre, par lequel l’homme sort de sa condition d’homme, la poésie ne doit pas mourir : que seraient l’intelligence et l’amour, et ce monde et ses couleurs, sans elle ? Si bien enclavé dans notre propre matérialité, nous ne pourrions rien connaître de nous-mêmes, et nous ne sentirions le monde qu’à moitié. Et même si selon Aragon « il n’y a pas d’amour heureux », qu’importe, pour peu que, gonflée par les voiles recouvrantes de l’illusion, l’existence nous retrouve de ses charmes. Pour peu que, un jour que nous avons regardé avec l’œil amoureux, nous nous soyons baignés dans « le poème de la mer, infusé d’astre, et lactescent » dans le Bateau ivre de Rimbaud. Pour peu que nous ayons compris avec Khalil Gibran et son prophète que « l’amour ne donne rien que de lui-même et ne prend rien que lui-même ». Car il existe un monde souterrain, latent, primaire, qui n’attend que d’être perçu et atteint, qui n’attend que d’être révélé par une sorte de pénétration amoureuse, ce monde des rêves, de l’inconscient, des instincts, que la poésie a toujours sondé.

Emmanuel Khoury



Pour l’amour du cinéma


Pourquoi je continue à voir des films ? Parce des milliers d’émotions se mêlent dans une salle obscure. Parce que j’aime ces images qui vibrent et s’animent et qui m’embarquent vers des destinations inconnues. Parce que « les films sont plus harmonieux que la vie… », disait François Truffaut. Un film vous fait rêver, réfléchir. Il vous émeut, vous fait pleurer et rire. Et même si on en sort bouleversé, on est toujours comme ranimé, transformé. Trois films sur un amour différent sont à reteni r: l’amour de la jeunesse et de la beauté dans Mort à Venise de Luchino Visconti ; l’amour pour la ville de Beyrouth et à la fois pour la pellicule, la caméra, dans West Beirut de Ziad Doueiri ; et enfin l’amour pour deux hommes dans Jules et Jim de François Truffaut.

Colette Khalaf



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Eddy

Superb article, oui c'est ca.

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