À Ahmedabad, en Inde, un travailleur inspecte la qualité des masques protecteurs. Pékin a indiqué avoir besoin de masques, de combinaisons et des lunettes de protection. Sam Panthaky/AFP
Avec 361 morts en Chine continentale, le bilan du nouveau coronavirus y dépasse désormais celui du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le gouvernement chinois, qui admet des « insuffisances » dans sa réaction, a reconnu hier avoir un besoin urgent de masques de protection pour faire face à l’épidémie.
Dans ce contexte, les ministres de la Santé des pays du G7 devaient avoir une conférence téléphonique pour coordonner leur réponse, a annoncé le ministère français de la Santé.
Dix jours après le début de la crise, marqué par le confinement de la métropole de Wuhan (centre) et de sa province, le Hubei, les places boursières chinoises de Shanghai et de Shenzhen ont plongé d’environ 8 % après une interruption de dix jours des cotations. Soit la plus forte baisse des indices chinois depuis le krach boursier de 2015.
Dans le contexte de la paralysie de la Chine par la peur du virus, qui a contaminé plus de 17 000 personnes, Pékin a reconnu des « insuffisances » dans sa réaction et a aussi admis compter sur le reste du monde pour répondre à la crise. Le comité permanent du bureau politique du Parti communiste a demandé une amélioration du dispositif de réaction aux situations d’urgence à la suite d’« insuffisances et de difficultés apparues dans la réponse apportée à l’épidémie », a écrit hier l’agence officielle de presse Chine nouvelle. « Ce dont la Chine a besoin d’urgence, ce sont des masques, des combinaisons et des lunettes de protection », avait précédemment déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying.
Elle a précisé que plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, avaient déjà envoyé des fournitures médicales. La Chine s’efforce d’en importer d’Europe, du Japon et des États-Unis, selon le ministère de l’Industrie.
Mortalité record dimanche
Tandis que le virus s’est diffusé dans 24 autres pays, la Commission nationale de la santé a fait état pour la Chine d’un bilan de 361 morts, dont 57 décès supplémentaires au cours de la seule journée de dimanche, un record.
Ce coronavirus a désormais fait en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao) plus de morts que l’épidémie de SRAS qui y avait fait 349 décès en 2002-2003. Le virus a également fait un mort pour la première fois en dehors de Chine, un Chinois de 44 ans originaire de Wuhan qui a succombé aux Philippines, a annoncé dimanche l’Organisation mondiale de la santé.
Le nombre des malades a grimpé à plus de 17 200, dépassant largement celui du SRAS qui avait au total provoqué la mort de 774 personnes dans le monde, en majorité en Chine continentale et à Hong Kong.
La plupart des décès et des cas de contamination sont à déplorer à Wuhan et dans sa province où quelque 56 millions d’habitants sont coupés du monde depuis le 23 janvier.
Face à un système hospitalier débordé, cette métropole était censée accueillir hier de premiers malades dans un nouvel hôpital construit en 10 jours. Un autre hôpital encore plus grand (1 600 lits) est en construction et doit ouvrir ses portes dans quelques jours.
La Russie va expulser
Le gouvernement a octroyé trois jours de congé supplémentaires dans l’espoir de retarder le retour vers les villes des centaines de millions de travailleurs migrants rentrés dans leur province pendant le Nouvel An lunaire. Les personnes originaires du Hubei sont parfois en butte à l’ostracisme et à la suspicion.
Inquiets, de nombreux pays ont multiplié les mesures de protection. États-Unis, Australie, Nouvelle-
Zélande, Irak, Israël et Philippines, notamment, ont interdit l’entrée sur leur territoire aux étrangers s’étant récemment rendus en Chine. Hong Kong a annoncé hier la fermeture de presque tous les points de passage terrestres avec la Chine continentale, ne laissant ouverts que deux ponts.
La Russie a annoncé hier qu’elle pourrait procéder à l’expulsion des étrangers porteurs du virus, après avoir décidé la semaine dernière de fermer sa frontière de plus de 4 000 km avec la Chine et réduit les liaisons avec ce pays.
Mais c’est aux États-Unis que s’en est prise la porte-parole de la diplomatie chinoise, les accusant de « semer la panique » par leurs mesures restrictives et de donner « un très mauvais exemple ».
Les croisiéristes n’en ont pas moins décidé d’interdire la présence à leur bord de passagers ou membres d’équipage ayant voyagé en Chine au cours des 14 derniers jours, a annoncé hier leur fédération internationale. L’OMS, qui a proclamé la semaine dernière l’urgence internationale, a dit le même jour travailler avec des géants du net à combattre la désinformation en ligne autour du virus.
Pendant ce temps, les opérations de rapatriement d’étrangers coincés à Wuhan se poursuivent. La France a accueilli dimanche un deuxième avion, avec des passagers de 30 nationalités. Les tests effectués pour une vingtaine d’entre eux en raison de « symptômes » se sont révélés « négatifs ». Un avion ramenant 243 personnes, dont 89 enfants, a atterri hier en Australie qui envisage l’envoi d’un deuxième appareil.
Enfin, à six mois des Jeux olympiques de Tokyo, l’agence antidopage chinoise Chinada a décidé de suspendre « momentanément » ses activités de contrôle « dans un souci de protection de la santé » en raison de l’épidémie. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a promis hier que l’épidémie de coronavirus n’aurait pas d’impact sur le déroulement des JO et de Jeux paralympiques de Tokyo cet été.
Source : AFP


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